Thorens Goumaz Adèle · Nationalrat · 2016-12-14
Thorens Goumaz Adèle · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2016-12-14
Wortprotokoll
Par ma motion, je demande au Conseil fédéral de prendre les dispositions nécessaires pour que la viande disponible sur le marché ne soit pas issue d'animaux ayant consommé des hormones de synthèse, y compris en ce qui concerne les produits importés. En 2013, 1178 tonnes de boeuf aux hormones ont été importées et mises en vente dans notre pays, un chiffre en forte augmentation, puisqu'on n'en était qu'à 320 tonnes en 2008.
Alors que l'administration d'hormones de synthèse aux bovins, en vue d'accélérer leur croissance, est interdite dans l'agriculture suisse, elle est pratique courante dans d'autres pays, en particulier aux Etats-Unis, en Australie ou au Canada. Or, la consommation de viande aux hormones n'est pas anodine. Des résidus d'hormones se trouvent dans les produits carnés que nous ingérons. Un effet cancérigène est attribué à certaines d'entre elles. C'est pour cette raison que la Suisse ne tolère pas l'administration de telles substances au bétail sur son propre territoire. C'est également pour cette raison que l'Union européenne a interdit cette pratique et qu'elle refuse, quant à elle, l'importation de viande provenant d'élevages administrant des hormones de synthèse à leurs animaux. Une pratique n'est pas moins problématique lorsqu'elle a lieu à l'étranger que lorsqu'elle advient en Suisse. De même, la viande aux hormones produite à l'étranger a le même effet sur la santé que si nous l'avions produite sur notre propre territoire. L'exemple européen prouve qu'il est possible de refuser l'accès au marché à des produits carnés pouvant contenir des résidus d'hormones parce qu'on juge les risques sanitaires inacceptables pour les consommateurs.
A l'heure où la question de l'administration d'antibiotiques aux animaux de rente fait débat dans notre pays, il est temps d'être cohérent dans le domaine des hormones de synthèse et d'adapter nos dispositions pour que les mêmes règles soient appliquées aux importations qu'à la production locale en la matière.
Enfin, l'administration d'hormones de synthèse s'inscrit dans un type d'agriculture intensive et industrielle, qui est à l'opposé de celle que nous cherchons à encourager en Suisse, où le respect de l'environnement et le bien-être animal sont promus. De telles pratiques extrêmes sont clairement rejetées par les consommateurs et par les agriculteurs suisses.
Et qu'on ne vienne pas nous dire que les consommateurs sont informés et n'ont qu'à choisir autre chose! La Fédération [PAGE 2213] romande des consommateurs a encore dénoncé récemment le fait que cette information, pourtant obligatoire, est souvent peu ou pas visible, quand elle ne fait tout simplement pas défaut, en particulier dans la restauration collective, les restaurants et les fast-foods.
Cette situation est tout simplement inacceptable et je vous demande dès lors d'accepter ma motion.