Comte Raphaël · Ständerat · 2017-03-08
Comte Raphaël · Ständerat · Neuenburg · FDP-Liberale Fraktion · 2017-03-08
Wortprotokoll
Vous êtes sans doute nombreux dans cette salle à vous poser beaucoup de questions au sujet du Centre de presse du Palais fédéral. Nous allons essayer d'y répondre maintenant.
Le Conseil national estime que le règlement actuel du Centre de presse manque de générosité et que le Centre de presse devrait être à la disposition non seulement des autorités fédérales et des partis politiques, mais également d'associations poursuivant des objectifs politiques, pour autant qu'un membre du Conseil national ou du Conseil des Etats prenne la parole en tant que représentant du groupement en question. Pour cela, le Conseil national demande donc une modification du règlement du Centre de presse. Le Conseil fédéral voit les choses d'un oeil différent et s'oppose à la motion, de même que votre Commission des institutions politiques.
Les arguments du gouvernement et de la commission sont identiques, je vais vous les résumer brièvement.
Ce sont d'abord des considérations institutionnelles qui poussent la commission à proposer le rejet de la motion. La motion crée en effet un doux mélange des genres: le Centre de presse du Palais fédéral est un lieu officiel. C'est un lieu tout imprégné de la sueur et des larmes des conseillers fédéraux venant commenter les résultats des votations. C'est un lieu rempli des tensions des conférences de presse organisées par les commissions parlementaires et où, parfois, les avis divergent. Aux yeux du public, le Centre de presse est donc un lieu particulier, c'est le lieu de la parole officielle, de l'expression de l'autorité.
On ne saurait donc "privatiser" à la légère un lieu à caractère officiel. Le fait d'autoriser des organismes privés, fussent-ils dirigés par de respectables membres du Parlement, à organiser des conférences de presse dans le Centre des médias reviendrait à conférer une apparence d'officialité aux propos qui y sont tenus.
Ensuite, le Centre de presse a pour vocation d'offrir un lieu approprié pour permettre aux autorités fédérales, Parlement et gouvernement, de s'exprimer face aux médias. On ne saurait mettre en concurrence les autorités et des privés qui souhaiteraient utiliser ces locaux. Les autorités doivent pouvoir en tout temps, et à très brève échéance, organiser des conférences de presse sans que le risque existe que les locaux soient déjà occupés par des organismes privés. Cette situation n'est pas hypothétique: le taux d'occupation des salles du Centre de presse est aujourd'hui déjà élevé, avec 242 conférences de presse organisées en 2016. Il y a donc fort à parier que des conflits purement organisationnels verraient le jour si le cercle des utilisateurs venait à augmenter. La ville de Berne regorge de locaux pittoresques et conviviaux permettant à des entités privées d'organiser toutes les conférences de presse qu'elles souhaitent. L'Etat n'a pas à concurrencer les acteurs privés en mettant gratuitement à disposition le Centre de presse.
Enfin, il convient de préciser que les règles en vigueur relatives à l'accès au Centre de presse étaient déjà valables lorsque le Centre de presse se trouvait ici au Palais du Parlement. Le déménagement du Centre de presse à son emplacement actuel n'a pas entraîné un durcissement de ces règles. Il n'y a donc aucune raison de remettre en cause des règles qui ont fait leurs preuves et qui ont jusqu'à présent toujours donné satisfaction.
Pour toutes ces raisons, nous vous invitons à rejeter la motion, ce que vous allez sans doute faire puisque personne n'en propose l'acceptation. "Ite missa est!"