Parmelin Guy · Bundesrat · 2017-03-13
Parmelin Guy · Bundesrat · Waadt · 2017-03-13
Wortprotokoll
A part l'aspect institutionnel dont vous avez déjà largement débattu, j'aimerais relever - et cela figure également dans la réponse du Conseil fédéral - qu'une analyse a été faite. On ne peut pas simplement dire avant toute dépense, fût-elle modeste, qu'il y a des montants disponibles au budget et que cela permet donc de faire une petite dépense - je ne vais pas m'aventurer sur les chiffres, Monsieur Damian Müller a cité 0,03 pour cent. On doit effectuer une analyse et fixer des priorités; cela se fait régulièrement.
Je peux cependant vous raconter une petite anecdote intéressante. L'année passée, j'ai rencontré, avec ma secrétaire générale, les attachés de défense pour la première fois. On m'a dit que c'était la première fois qu'un conseiller fédéral venait écouter ce qu'ils avaient à dire. C'était extrêmement intéressant d'entendre quels étaient leurs problèmes; ceux-ci sont très différents, selon qu'il s'agit d'un poste au Pakistan ou dans un autre pays. Je me suis rendu compte - j'avais un peu aussi cette idée préconçue que leur rôle n'était pas vraiment clair - que le travail effectué était extrêmement sérieux. [PAGE 209]
Tout cela pour vous dire que nous faisons et que nous devons faire régulièrement une analyse des besoins. Nous ne la faisons pas seuls, nous travaillons naturellement avec les autres départements, parce que le réseau n'est pas le même avec un attaché de défense ou le représentant d'une mission diplomatique. Je crois que nous sommes au fait sur ce sujet, et que nous sommes prêts, et je suis prêt, à refaire cette analyse régulièrement.
Vous l'avez dit, Monsieur Müller, et nous sommes d'accord là-dessus, la situation évolue et elle est extrêmement tendue.
Et peut-être que dans certaines régions nous serons appelés à revoir nos estimations et à renforcer, de cas en cas, nos effectifs, tandis que, dans d'autres, nous devrons peut-être agir en sens inverse. Mais il faut laisser le Conseil fédéral faire son travail. Le cas échéant, si cela est jugé nécessaire, nous serons prêts à faire ce qu'il faudra et à renforcer les forces sur place.
Je prends un exemple en passant pour vous montrer qu'il n'y a pas que les postes d'attachés de défense qui peuvent nous être utiles. Vous avez parlé de l'Ukraine, c'est pour cela que je cite ce cas: j'ai eu l'occasion de recevoir l'observateur suisse, qui a été délégué par l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) sur place, et il nous a donné des renseignements extrêmement intéressants et importants sur la situation à la frontière entre l'Ukraine et la Russie. On peut aussi utiliser des capacités qui sont développées par d'autres - dans le cas précis, l'OSCE - pour nous donner des renseignements extrêmement sérieux.
Pour toutes ces raisons, je vous prie, au nom du Conseil fédéral, de rejeter cette motion et de nous laisser notre marge de manoeuvre et notre marge d'appréciation de la situation, tout en vous indiquant que nous serons prêts, le cas échéant, à revoir la situation, à développer nos effectifs là où cela serait nécessaire, ou, au contraire, à déplacer des gens si nous devions estimer que la situation ne rendrait plus leur présence nécessaire. Mais laissez-nous juger de l'opportunité ou non de tel ou tel poste.