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Lombardi Filippo · Ständerat · 2002-03-14

Lombardi Filippo · Ständerat · Tessin · Christlichdemokratische Fraktion · 2002-03-14

Wortprotokoll

Je fais deux observations préliminaires suite au débat qui a eu lieu au Conseil national.

La première: l'impression que l'on retire des comptes rendus faits par les médias, des déclarations des commentateurs politiques ou même des dirigeants de l'Expo, c'est que le Conseil des Etats n'existe pas. Car il semble tout à fait clair que l'affaire s'est déjà jouée la semaine dernière au Conseil national. Nous n'avons même plus à nous prononcer là-dessus! Les résultats sont connus et sont clairs. Ne fût-ce que pour rappeler son existence, le Conseil des Etats pourrait peut-être quand même se payer le luxe de créer une petite divergence avec le Conseil national au sujet de cette affaire.

La deuxième: il est des groupes qui se sont nettement partagés en deux sur ce sujet. Permettez-moi de dire que je ne vois rien de grave dans cette décision et que je ne comprends pas, Monsieur Jenny, votre ironie que je trouve tout à fait déplacée. Il y a en effet de très bonnes raisons de dire oui au crédit additionnel en faveur de l'Expo.02 et de dire, comme l'a rappelé M. Merz, qu'il est trop tard pour interrompre l'exercice. La Suisse se doit de mener à terme ce projet tel qu'il a été conçu et d'en faire malgré tout le meilleur usage possible. Il y a de très bonnes raisons de le dire, de le penser et donc de voter ce crédit.

Il y a aussi d'autres raisons qui plaident pour un signal que le Parlement pourrait donner dans cette affaire, un signal de mécontentement envers la façon dont celle-ci a été gérée dès le début et continue d'être gérée actuellement. Ce n'est pas une affaire dogmatique, ni une question sur laquelle il faut demander une discipline de groupe ou de parti, c'est une question dans laquelle chacun appréciera l'importance de l'une ou de l'autre motivation et sur laquelle chacun se décidera en conséquence.

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Je crois qu'il est tout à fait respectable que des collègues expriment leur mécontentement par rapport à la situation dans laquelle nous nous trouvons. Il est inutile de parler d'un mauvais coup, d'un coup de poignard dans le dos de l'Expo ou d'un changement d'opinion ou d'attitude de la part de ceux qui aujourd'hui ne voteront pas ou ne veulent plus voter ce crédit. Non, ceux qui expriment aujourd'hui leurs doutes face à ce crédit n'ont pas changé d'opinion! Ils restent simplement fermes sur la position qu'ils avaient exprimée lors du vote du dernier crédit qui leur avait été présenté comme étant véritablement le dernier. Ceux qui ont promis au Parlement que c'était le dernier et qui savaient déjà que ce n'était pas vrai, ceux-là ont changé d'opinion! Et ceux qui nous disent aujourd'hui que le crédit que nous allons voter est le dernier, alors qu'ils savent qu'ils reviendront probablement nous demander d'autres centaines de millions à la fin de l'exercice, ceux-là changent de position!

Les chiffres sont connus, le parcours tourmenté de cette Expo aussi, je ne vais pas les répéter. Permettez-moi seulement de souligner l'impression très désagréable d'une sorte de chantage auquel le Parlement est soumis régulièrement dans cette histoire, avec des requêtes successives, chaque fois à la dernière minute, chaque fois cinq minutes avant de sombrer dans le précipice, avec la menace que si on ne vote pas le nouveau crédit, la catastrophe sera inévitable et les centaines de millions déjà engagés seront perdus. Et ceci sans que la preuve irréfutable soit fournie que les choses sont vraiment ainsi et qu'il n'est pas possible de trouver d'autres solutions.

A cette impression désagréable s'ajoute celle de voir que, chaque fois, la Confédération est la seule vache à traire dans cette affaire. A chaque étape successive, ce n'est que la Confédération qui passe à la caisse sans que d'autres collectivités, en premier lieu les cantons concernés, fassent au moins un geste symbolique pour contribuer à couvrir les déficits d'une opération qui va leur rapporter des bénéfices, et nous le savons.

Permettez-moi aussi de souligner un aspect curieux qui ressort du message du Conseil fédéral. Après le changement de direction en 1999, il a été à plusieurs reprises affirmé que désormais les coûts étaient maîtrisés et que les crédits supplémentaires n'étaient dus qu'au manque de sponsoring privé. Or, ce n'est pas le cas si on regarde les chiffres. Bien que de nombreux projets et manifestations aient été annulés, comme l'a rappelé M. Escher, la facture totale a quand même gonflé de quelque 200 millions de francs par rapport au projet initial. Donc, ce n'est pas seulement le manque de sponsoring, c'est aussi une croissance effective des coûts alors même qu'on annule des projets et qu'on appauvrit en fait une Expo qui a déjà un problème. Et ce problème, qui est au fond le problème principal, est celui de la véritable âme qui continue de lui manquer, au coeur de tout ce débat. Ce n'est pas quelques millions de plus ou de moins qui font la différence, c'est une âme qui manque encore à cette Expo et qui, peut-être, fait défaut au pays, à la Confédération dans ce moment où elle n'arrive pas à se retrouver sur des grands projets.

Alors face à cette situation, permettez-moi de dire que, comme moi, un certain nombre de députés ne combattront pas ce crédit additionnel - parce qu'ils voient l'importance d'une exposition nationale -, mais ils ne voteront pas non plus les yeux fermés une fois encore des millions, qui sont les millions du contribuable.

Il est donc compréhensible que les députés qui pensent comme moi s'abstiennent lors du vote sur le crédit additionnel en faveur de l'exposition nationale 2002.