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Berset Alain · Bundesrat · 2017-05-02

Berset Alain · Bundesrat · Freiburg · 2017-05-02

Wortprotokoll

Je dois vous dire qu'après ces deux heures de débat très calme sur la politique familiale et les 100 millions de francs prévus pour l'améliorer, je ne m'attendais pas du tout à un débat aussi émotionnel sur les sels d'aluminium dans les déodorants, un débat qui fait s'échauffer un tout petit peu la salle et qui commençait même à me faire transpirer ici sur mon siège avant de vous apporter la réponse du Conseil fédéral!

Pour calmer tout le monde tout de suite, je rappelle que je ne suis pas médecin et que je n'ai certainement pas la science infuse dans ce domaine. Pour tout vous dire, je n'en sais rien! Evidemment, nous suivons cela de près. Cependant, je dois bien constater que, jusqu'à aujourd'hui, il n'y a pas eu d'étude scientifique qui aurait pu faire la démonstration d'un lien de causalité entre l'utilisation de déodorants et l'apparition de cancers du sein ou d'autres maladies telles que la maladie d'Alzheimer. Une telle causalité n'a pas pu être clairement démontrée - c'est ce que je me suis laissé dire.

Mais, et c'est peut-être ce qui change aujourd'hui, il y a eu en 2016 la publication par l'Université de Genève d'une étude scientifique dans laquelle on lit - là, ce n'est pas le déodorant, c'est autre chose - que le chlorure d'aluminium injecté dans des cellules de souris provoque des tumeurs chez ces animaux. Cela fait partie d'études scientifiques régulièrement menées à ce sujet, et je crois que c'est le rôle des pouvoirs publics de suivre ces études, de s'informer chaque fois sur ce qui se passe et d'informer complètement et entièrement la population.

Vous savez, Monsieur Imark, le Conseil fédéral, dans ce domaine, est cohérent. Il ne décide pas, tout à coup, de charger l'administration d'écrire des grands rapports. Je le répète, le Conseil fédéral est cohérent: il avait déjà, en 2014, recommandé l'acceptation d'un tel postulat pour la réalisation d'une telle étude. Or à l'époque, parce qu'il n'y avait pas eu cette étude que je viens de mentionner, votre conseil avait rejeté le postulat, et c'est suite à la publication de cette nouvelle étude que ce nouveau postulat a été déposé. Ce qui était valable en 2014 l'est encore aujourd'hui, et nous souhaiterions pouvoir apporter, au moyen d'une brève étude, les éléments nécessaires pour expliquer la situation à l'ensemble de la population.

Dans le domaine des denrées alimentaires - c'est effectivement la législation sur les denrées alimentaires et les objets usuels qui s'applique dans ce cas -, il y a aujourd'hui une législation stricte: il faut que les produits soient sûrs pour être mis sur le marché. J'aimerais rappeler que, dans ce domaine, la mention des composants, et notamment de tous les composants présents, doit figurer sur l'emballage. Donc l'information existe aussi pour les consommateurs. Mais, dans ce domaine, les connaissances et les techniques scientifiques évoluent sans cesse. L'étude de l'Université de Genève apporte un éclairage particulier et des résultats nouveaux et interpelle manifestement une partie de la population. Le débat que vous venez de mener le démontre: cette question ne laisse pas froid.

Le Comité scientifique de la Commission européenne pour la sécurité des consommateurs évalue actuellement de nouvelles données pour mesurer la pénétration de l'aluminium à travers la peau. Les résultats de l'étude et des travaux de ce comité seront connus en octobre 2017.

Voyez-vous, nous sommes d'avis, comme en 2014 - la position du Conseil fédéral n'a pas changé à ce sujet -, qu'il est utile de rédiger un rapport sur ce thème pour informer le Parlement et la population sur un sujet qui est manifestement largement débattu dans le public et dans le médias tout comme, à partir d'aujourd'hui, avec une certaine passion, dans le cadre du Parlement. Nous ne souhaitons pas, Monsieur Imark, nous reposer uniquement sur ce que fait l'Union européenne. Nous souhaitons défendre une certaine vision suisse aussi dans ce domaine, avoir une certaine souveraineté par rapport à ces études et mener une analyse propre à notre marché et à notre pays. Nous regardons évidemment avec attention ce que font les autres, mais nous ne souhaitons pas être complètement dépendants de ce que fait l'Union européenne dans ce domaine. Nous souhaitons rappeler que, comme Etat indépendant, nous avons aussi nos propres réflexions et travaux à mener pour informer notre population.

C'est donc avec cette argumentation que j'aimerais inviter le conseil, après ce débat qui m'a beaucoup intéressé et qui montre que des questions sont encore ouvertes, à suivre la proposition du Conseil fédéral d'accepter le postulat.

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