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Burkhalter Didier · Bundesrat · 2017-06-14

Burkhalter Didier · Bundesrat · Neuenburg · 2017-06-14

Wortprotokoll

La motion charge le Conseil fédéral de renouveler et d'intensifier les relations entre la Suisse et la Russie. Nous le faisons déjà et l'on peut donc rejeter la motion. Elle vise aussi à ce que l'on garantisse la paix en Europe. Une garantie à cent pour cent de la paix en Europe ne sera jamais possible, mais c'est l'objectif que nous visons par tous les efforts de notre pays depuis des années.

Les relations entre la Suisse et la Russie sont solides. Ce sont de bonnes relations qui reposent sur de bonnes bases, avec un mémoire d'entente entre les deux ministères des affaires étrangères qui dure depuis dix ans, des consultations périodiques chaque année - il y a environ quinze consultations spécifiques par an -, de nombreuses rencontres de travail, un échange constant, ainsi qu'une bonne coopération dans de nombreux domaines et à tous les niveaux, au niveau politique également.

Le dialogue entre la Suisse et la Russie est actif, franc et approfondi. Il y a eu dix rencontres de haut niveau en 2016. J'ai moi-même rencontré mon homologue, Sergueï Lavrov, à Moscou l'année passée. Ce dialogue s'est poursuivi cette année: le président du Conseil national et sa délégation sont allés en Russie il y a peu et j'ai rencontré Monsieur Lavrov à Chypre à peu près à la même période.

Bref, le dialogue est solide. Il est aussi solide parce qu'il a passé à travers les épreuves, notamment l'épreuve de la Crimée. Il y a des manières de lire l'histoire qui peuvent être relativement différentes, mais en tous les cas, pour le Conseil fédéral, l'annexion de la Crimée est contraire au droit international. Nous l'avons dit et cela n'a pas empêché le dialogue de se poursuivre - au contraire. Evidemment, dialoguer ne veut pas dire que l'on est d'accord sur tout. Et nous ne sommes pas d'accord sur tout avec la Russie, comme avec d'autres.

Il ne s'agit pas uniquement de dialoguer, mais aussi de construire des ponts, une constante de la politique suisse. Par exemple, nous voulons construire des ponts dans la politique de sécurité européenne. Nous avons lancé le panel européen pour la sécurité en tant que projet commun du continent, après la crise ukrainienne. Nous l'avons promu, et, maintenant, il commence à revêtir la forme d'un dialogue politique structuré, dans le cadre de l'OSCE.

Nous avons eu la visite du Secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, qui s'inscrivait également dans cet objectif. Nous nous engageons au sein de l'OSCE, au-delà de la présidence de 2014, pour soutenir les présidences suivantes et pour travailler à améliorer la confiance en Europe, qui a fortement baissé. Dans des domaines aussi compliqués que, par exemple, le contrôle des armements conventionnels, nous voulons utiliser l'OSCE, qui est l'organisation qui correspond le mieux à la culture suisse, comme plate-forme de dialogue et d'action pour la sécurité du continent.

La Suisse s'engage aussi en Ukraine pour les réformes qui y sont menées. Il y a un très vaste programme qui touche à la coopération technique, à la décentralisation, aux questions humanitaires, et évidemment aussi à la politique de paix, au soutien au ministère spécialisé pour les régions occupées à l'Est. Nous avons une bonne relation avec l'Ukraine et avec la Russie, ce qui n'est pas donné à tout le monde. Et nous sommes le seul Etat qui a la possibilité d'aider des millions de personnes en termes humanitaires, des deux côtés de la ligne de contact. Et je viens de me rendre à Marioupol, et j'ai pu me rendre compte que la population comprenait très bien cette aide, parce qu'elle a été séparée un peu artificiellement. Il y a des familles qui sont à la fois d'un côté et de l'autre, ce qui arrive souvent dans ce genre de conflits. Et il est très important que la Suisse marque ici clairement sa position d'impartialité, et son rôle humanitaire.

Concernant les sanctions, le débat sur ces dernières a lieu au sein de l'Union européenne et des Etats-Unis. Pour l'heure, les positions restent les mêmes. Il n'y a pas de retrait des sanctions sans progrès dans la mise en oeuvre des accords de paix de Minsk. C'est la position de l'Union européenne et des Etats-Unis. La Suisse, quant à elle, n'applique pas de sanctions, mais elle a pris des mesures qui reflètent, d'une part, la question du droit international, donc qui rappellent la condamnation par la Suisse de l'annexion de la Crimée, et qui reflètent, d'autre part, la volonté de notre pays, de notre territoire, à ne pas être utilisé comme place pour contourner les sanctions internationales.

Cela dit, les échanges commerciaux avec la Russie ont augmenté cette année et les problèmes économiques russes sont liés à bien d'autres problèmes que le seul problème des sanctions. Les relations entre la Suisse et la Russie sont donc bonnes, malgré la situation très difficile du point de vue géopolitique. Nous entendons précisément, comme le dit la motion, renouveler et intensifier ces bonnes relations. Nous le faisons systématiquement, et cela peut avoir un effet sur la paix en Europe.

Donc, les objectifs visés par la motion peuvent être considérés comme atteints et la motion peut être rejetée.