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Golay Roger · Nationalrat · 2017-06-14

Golay Roger · Nationalrat · Genf · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2017-06-14

Wortprotokoll

Depuis l'entrée en vigueur des accords de Schengen, la Suisse a supprimé les contrôles systématiques aux frontières avec l'Union européenne. Lors du dépôt de cette motion, l'Office fédéral des constructions et de la logistique a été chargé par le Conseil fédéral de vendre 113 douanes et bâtiments annexes jusqu'en 2021.

En raison de la situation géopolitique, notamment au Moyen-Orient, notre pays court le risque d'un afflux massif de migrants, qui nécessiteraient un contrôle accru aux frontières. Nous pourrions aussi faire face à une vague de terrorisme, qui obligerait nos services de sécurité à renforcer la surveillance aux portes d'entrée de notre pays. Aujourd'hui, la menace est imprévisible, et il convient de s'en protéger. C'est pourquoi cette motion propose un moratoire sur la vente de bâtiments douaniers en attendant que ces menaces s'éloignent.

Il sied de préciser que, pour endiguer ces vagues d'immigration massives, de nombreux pays ont déjà partiellement ou totalement fermé leurs frontières. Par ailleurs, la France, qui a vendu passablement de bâtiments douaniers, a dû installer en urgence des containers, moins bien adaptés, pour effectuer à nouveau des contrôles et du travail administratif, à la suite de la déclaration de l'état d'urgence.

Pour revenir en Suisse, il est important de faire la pesée d'intérêts entre le bénéfice que peut rapporter la vente des douanes et la menace qui pourrait peser sur notre pays. Dans sa réponse à cette motion, le Conseil fédéral estime que l'infrastructure de contrôle mise en place suffit, alors que, selon les statistiques, environ 40 pour cent des dépôts de demandes d'asile ont été faites à l'intérieur de notre territoire sans que les requérants aient été contrôlés aux postes-frontières. Dès lors, on peut se demander en quoi les infrastructures sont suffisantes.

Le Conseil fédéral, dans son avis, indique que les bâtiments visés dans la motion n'ont aucune influence sur le processus de contrôle. Evidemment, ils sont actuellement vides, car, pour l'instant, nous ne sommes pas touchés par une menace exceptionnelle. Il convient d'avoir une vision prospective, qui tienne compte des risques futurs.

Un calcul de rentabilité à court terme, tel qu'il est présenté par le Conseil fédéral, ne relève pas d'une bonne gestion. Il suffit de constater le revirement de nombreux pays de l'espace Schengen, qui ont réintroduit les contrôles systématiques aux frontières, et qui, je le répète, ont dû réinstaller des bâtiments destinés au personnel des douanes. A croire que ces pays ont aussi leur lot de technocrates, qui ne sont pas toujours très avisés.

Aujourd'hui, en plus des menaces décrites, notre pays est devenu une véritable passoire et un self-service pour tous les criminels d'Europe. Il serait judicieux de penser autrement et de remettre en place nos gardes-frontière pour assurer une sécurité optimale. Ne bradons pas notre sécurité à petit prix!

Pour toutes ces raisons, je vous invite à soutenir la présente motion.