Français Olivier · Ständerat · 2017-06-15
Français Olivier · Ständerat · Waadt · FDP-Liberale Fraktion · 2017-06-15
Wortprotokoll
Bien des choses ont été dites en langue allemande: peut-être vais-je les répéter en langue française en rappelant que le milieu alpin ne s'arrête ni à la barrière de röstis ni à la frontière marquée par une rivière ou par une montagne.
A l'instar de Monsieur Graber - je ne peux que reprendre ce qui a été dit -, c'est la réponse du Conseil fédéral et le ton utilisé qui me surprennent plutôt que la question elle-même. Dans cette réponse, on fait un procès d'intention à l'auteur de la motion, comme s'il formulait une exigence absolue, ce qui n'est de loin pas le cas. Alors que l'auteur de la motion demande une collaboration avec le Club alpin suisse (CAS) - du moins c'est ainsi qu'il faut l'entendre - on lit entre les lignes de la réponse du Conseil fédéral: "Circulez, il n'y a rien à voir. Il n'y a pas de collaboration avec le CAS, et il n'y en aura pas." On peut en effet lire dans cette réponse la phrase suivante, relevée par plusieurs d'entre nous: "Une intégration automatique de l'inventaire d'une association privée, telle que le CAS, dans celui de la Confédération serait contraire au système: les décisions seraient prises par une association privée et l'autorité cantonale compétente se verrait ainsi contournée."
Mais l'auteur de la motion ne demande pas que tout soit automatique! Il précise très clairement qu'il existe des professionnels de la montagne qui indiquent des sites de promenade ou de passage, et s'étonne de ce qu'il ne soit plus possible de définir, en concertation avec Swisstopo, des associations cantonales ou des services cantonaux entre autres, où l'on peut se rendre dans les districts francs. Il s'en étonne d'autant plus que l'ordonnance de 1991, si elle traduit la volonté de porter une attention particulière à la faune et à la nature, n'interdit pas de se promener ci et là. Il serait de plus regrettable que des professionnels, tels qu'il en existe au CAS, n'aient pas la possibilité d'échanger avec ceux qui établissent des cartes d'intérêt national.
Par ailleurs, c'est aussi faire un procès d'intention au CAS que d'affirmer qu'il n'agit pas dans le domaine de la formation. C'est tout le contraire qui est vrai! Nous sommes plusieurs à avoir participé à des cours de formation de l'Organisation de jeunesse du CAS, qui nous ont rendus sans doute plus sensibles à ces questions que le touriste moyen qui, lui, consomme peut-être la montagne avec intérêt et passion, mais sans avoir reçu d'éducation en la matière.
Il est vrai que le système éducatif que le CAS a développé au fil du temps, en été comme en hiver, est essentiel. Si vous visitez aujourd'hui le site Internet du CAS, vous verrez d'ailleurs qu'un message figurant en page d'accueil attire l'attention des uns et des autres sur le respect à avoir de la nature, plus précisément en ce qui concerne la thématique des déchets.
Donc, le procès d'intention fait dans la réponse du Conseil fédéral à la motion me choque. Je pense que le dialogue et l'échange avec cette institution - et j'insiste sur l'utilisation du terme "institution", car le CAS en est une, bien qu'il s'agisse d'une association - doit reprendre, afin de partager les connaissances et de garantir des voies qui aient le moins d'impact possible sur la faune et la flore, comme le recommande l'ordonnance de 1991 concernant les districts francs fédéraux.
Aussi, je vous invite, comme de nombreux autres orateurs, à soutenir la motion Dittli.