Mazzone Lisa · Nationalrat · 2017-09-14
Mazzone Lisa · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2017-09-14
Wortprotokoll
Je commencerai, moi aussi, par déclarer mes liens d'intérêts: Je suis députée au Conseil national; par conséquent, j'apparais régulièrement dans les médias du service public, qu'il s'agisse de la radio ou de la télévision. C'est certainement grâce à cette vitrine que je me trouve aujourd'hui devant vous pour prendre la parole, car elle m'a donné la possibilité de me faire connaître de la population et d'être élue, ceci indépendamment de mon parti, de mon origine et des mes intérêts. Hier, d'ailleurs, d'autres parlementaires se trouvaient dans la salle des pas perdus et participaient à l'émission "Forum", car il est essentiel pour chaque parlementaire - et pour chaque élu en puissance - d'avoir accès à la population, quels que soient son parti ou ses opinions, sans dépendre de liens économiques. En outre, je ne suis pas sûre que, sans "Forum", j'aurais entendu parler de la gestion de l'hôpital fribourgeois - pour ne citer que cet exemple -, qui était l'un des sujets de l'émission d'hier.
Il n'y a pas de démocratie sans accès à une information équilibrée. C'est évident. D'ailleurs, on le constate non seulement au niveau de la Confédération - c'est-à-dire au niveau national -, mais aussi à tous les niveaux. En rentrant en Valais, à Fribourg ou à Genève, que diriez-vous à vos concitoyennes et à vos concitoyens si on leur annonçait, par exemple, que la chaîne de télévision Canal 9 n'avait plus assez de moyens pour continuer à fournir une information de proximité? Que leur diriez-vous si l'on ne pouvait plus faire tourner Léman Bleu?
Notre pays est comme une boule à facettes. Ces facettes multiples doivent être regroupées et réussir à tenir ensemble malgré toute leur diversité. Aussi, les médias de service public, ainsi que les prestations qui sont financées par la redevance, garantissent la cohésion de notre pays et ce noyau commun. Ils garantissent aussi qu'il n'y ait pas de "sous-citoyen": tout le monde doit avoir accès à un service public assuré dans le cadre d'une mission qui est bien définie. En tant que Romands, on se sent minoritaires ici à Berne, c'est clair, et on ne souhaite pas se laisser imposer une marginalisation qui serait encore plus grande.
La redevance est aussi le pilier de la culture suisse. La démanteler, c'est se retrouver sur un champ de ruines culturel. Or, une société qui erre au milieu de ruines ne peut annoncer que sa propre ruine. De quoi parle-t-on? On parle de magazines culturels, de retransmissions de concerts, d'émissions qui couvrent tous les arts - la littérature et le cinéma notamment -, de shows, de films. En réalité, c'est une garantie pour un certain nombre d'artistes suisses de pouvoir bénéficier d'une diffusion puisque cela figure dans le mandat de prestations des médias du service public. La SSR verse 8,5 millions de francs par an d'honoraires et pour le paiement de droits et le financement de mandats pour des concerts de musique locaux. La SSR fait vivre les artistes locaux, et notamment les musiciens, qui ont ainsi un accès privilégié à une diffusion, ce qui me paraît essentiel parce qu'en réalité, sans cela, ils ne pourraient plus bénéficier de la possibilité de cette vitrine. La SSR, c'est aussi l'aide au cinéma, qui se monte à 25,7 millions de francs par an, allouée à des films, des documentaires, des court métrages et des festivals de cinéma, ainsi que 100 millions de francs par an pour l'industrie audiovisuelle suisse. Bref, c'est la garantie de la culture qui, comme je l'ai dit, est le ciment de la société.
C'est pour ces raisons que je vous demande de recommander le rejet de l'initiative "No Billag" et de tout contre-projet.