Schmied Walter · Nationalrat · 2002-06-04
Schmied Walter · Nationalrat · Bern · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2002-06-04
Wortprotokoll
La politique étrangère menée par la Suisse gagne incontestablement en importance. Il s'agit de vouer notre attention à l'engagement accru de notre pays en matière de politique multilatérale. Mais davantage encore que par le passé, la Suisse se doit de faire preuve d'une imagination hors du commun, permettant que notre pays s'affirme dans un esprit de continuité selon sa tradition, tel qu'il l'a toujours fait en matière de politique bilatérale.
La Suisse doit faire preuve d'engagement et demeurer ce laboratoire d'idées duquel sont sortis tant de principes dans le passé, au point d'assurer au niveau international la renommée de la Confédération. Cette gageure, elle l'a assumée jusqu'à présent. Il s'agit aujourd'hui d'assurer la continuité et de redonner à notre pays un nouveau dynamisme.
Le peuple et les cantons ont choisi d'adhérer à l'Organisation des Nations Unies. Ce constat ne nous autorise aucunement à abandonner nos objectifs en matière d'indépendance et de neutralité. Certes, notre pays dorénavant fait partie de la cour des grands de ce monde. Et je souhaite vivement voir l'optimisme affiché par le Conseil fédéral durant la campagne se convertir dans les faits le plus rapidement possible. Sur ce point, le Conseil fédéral partagera incontestablement nos espoirs. Nous l'appuierons d'ailleurs dans toutes les démarches qu'il entreprendra dès à présent pour faire passer son message sur le plan international. Nous réitérons notre foi dans la force de conviction et dans l'indépendance d'esprit de la politique menée par les dirigeants de notre pays, cela dans le respect absolu de sa neutralité, honorant ainsi la promesse adressée au peuple récemment encore.
La mission du Conseil fédéral en matière de politique extérieure est donc clairement formulée. Nous croyons cependant au sein du groupe de l'Union démocratique du centre que la collaboration entre les différents départements en matière de politique extérieure mérite d'être mieux coordonnée. Une optimalisation des ressources humaines d'une part et financières d'autre part doit être assurée par une volonté de transparence entre les divers acteurs concernés au sein de la Confédération. Les compétences doivent être clairement attribuées.
[PAGE 666] La politique étrangère doit être menée par le Conseil fédéral. A lui de se donner les moyens de développer un concept clair servant de référence à toute action menée sur le terrain. Il est inconcevable que la politique étrangère et les informations y relatives soient communiquées au grand public par des personnes autres qu'un conseiller fédéral ou un chancelier de la Confédération. Il en va de la crédibilité du pays. En l'absence du conseiller fédéral en charge, il revient le cas échéant à un autre membre du collège de se saisir du dossier. C'est bien la raison pour laquelle un chef suppléant est désigné pour chaque département.
Comme nous venons de le constater, la politique étrangère de la Suisse se trouve à un tournant. L'enjeu est bien celui de ne pas laisser la Suisse rompre avec ses traditions, tout en lui accordant les ressources indispensables à un nouveau sursaut, essentiellement en matière de diplomatie.
Nos diplomates ont réussi les percées les plus performantes lorsqu'ils se sont abstenus de condamner et qu'ils ont renoncé à prendre parti. Le mérite du diplomate suisse à l'origine du récent cessez-le-feu entre les parties rivales du Soudan en est l'illustre exemple. Qu'il soit ici remercié pour son engagement fructueux et continu sur la durée de plusieurs années. La politique de neutralité se concrétise par la politique de l'endurance et de la conviction. C'est celle des petits pas, assurant aux parties en présence l'opportunité de se rapprocher progressivement les unes des autres. Seules l'imagination et l'endurance des médiateurs conduisent au succès.
Certains exemples récents démontrent malheureusement qu'en voulant prendre position dans un conflit donné, nous courons le risque de voir l'offre de nos bons offices rejetée par l'une ou l'autre des parties au conflit. Il en a été ainsi dans le conflit du Sri Lanka. Il s'agit donc de ne pas sous-estimer le piège que peut représenter pour notre pays le phénomène relevant du nom de "New Diplomacy". Je crains que nous ne répétions l'erreur dans le conflit du Proche-Orient.
En résumé, la politique extérieure de la Suisse relève de trois dimensions. Elles sont importantes les unes et les autres: d'abord l'aspect financier et l'attribution judicieuse des fonds, sujet sur lequel je ne puis m'étendre pour des raisons de temps; ensuite, le rôle revenant à la centrale, véritable plaque tournante et organe de coordination; enfin, le rôle revenant aux missions extérieures et au personnel du corps diplomatique actif sur le terrain. La réussite en matière de diplomatie se mesure au degré de proximité du personnel engagé sur le terrain.
En conclusion, je ne plaide pas pour un affaiblissement de la centrale dont l'action et le mérite restent incontestés, mais je plaide pour un renforcement de l'action sur le terrain et menée par les missions extérieures dont le travail ne saurait être minimisé, voire ignoré, tel qu'il l'est parfois par le Parlement et, de temps en temps, même par le département pris au sens large du terme.
Je conclus en remerciant tous les acteurs engagés dans l'intérêt de notre pays en matière de politique extérieure et de bons offices. Je crois aux chances qui sont données à notre pays. Il s'agit d'en être convaincu et de mettre en jeu tous nos atouts.