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Piller Carrard Valérie · Nationalrat · 2017-09-28

Piller Carrard Valérie · Nationalrat · Freiburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2017-09-28

Wortprotokoll

J'aimerais vous expliquer l'origine de cette intervention. Un jour, mon fils de six ans est venu vers moi et m'a dit: "Maman, tu sais, aujourd'hui, j'ai pas mangé cinq fruits et légumes. Comme ils disent à la télé: 'C'est sain de manger cinq fruits et légumes par jour.'" Je me suis toujours demandé si ces messages préventifs diffusés sur les chaînes françaises que mon fils venait de regarder avaient une influence sur le choix de consommer tel ou tel produit. En faisant quelques recherches, j'ai constaté que de nombreuses études démontraient que les enfants étaient vulnérables face à la publicité, en particulier en matière d'alimentation.

Il existe un réel matraquage publicitaire en faveur d'aliments à haute teneur en graisse, en sucre et en sel. Une étude de l'Organisation mondiale de la santé datant de 2010 révèle que la publicité télévisée influe sur les préférences alimentaires des enfants, sur leurs demandes d'achats et sur les aliments effectivement consommés. En 2013, la Fédération romande des consommateurs avait tiré la sonnette d'alarme face au lien évident entre publicité à outrance et malbouffe chez les enfants. Mais rien n'a réellement été entrepris afin de réduire cette publicité toujours omniprésente pendant les émissions regardées par le plus grand nombre d'enfants: les programmes familiaux.

Selon une étude réalisée en France par l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé, 62 pour cent des enfants réclament à leurs parents des produits alimentaires vus à la télévision, et près de 91 pour cent de ces derniers reçoivent effectivement le produit demandé. Ce constat est exploité dans les publicités s'adressant directement à l'enfant afin d'utiliser ses capacités de prescripteur d'achats pour ses parents. Le problème, c'est que les aliments promus sont essentiellement des produits trop riches en énergie et comptant insuffisamment de nutriments essentiels à son bon développement.

Cette situation doit changer! Cet excès de publicité met en danger la santé de nos enfants. En Suisse, le surpoids et l'obésité des jeunes est devenu un problème de santé publique. Selon la Revue médicale suisse, la recrudescence récente de l'épidémie de surpoids est notamment due à l'agressivité du marketing.

Il est donc grand temps d'agir à ce niveau, en diffusant, par exemple, des messages de prévention sanitaire lors des publicités, comme: "Pour votre santé, mangez au moins cinq fruits et légumes par jour", ou: "Pour votre santé, pratiquez une activité physique régulière". Il s'agirait d'une mesure [PAGE 1671] de santé publique ayant pour objectif de sensibiliser le téléspectateur, plus particulièrement les enfants, tout en lui donnant des repères nutritionnels. Ces mesures compléteraient parfaitement d'autres actions cantonales ou nationales et auraient pour objectif de contribuer à la prévention des maladies liées à une alimentation déséquilibrée et à une mauvaise hygiène de vie. Seules les personnes bien informées peuvent décider en connaissance de cause. Recevoir des messages de prévention sanitaire permettra aux enfants d'agir en consommateurs responsables, même au jeune âge de mon fils.

Une stratégie efficace de prévention du surpoids doit s'appuyer sur tout un ensemble de mesures dans plusieurs secteurs, selon la Revue médicale suisse. Certes, l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires ainsi que les membres de Swiss Pledge avaient défini une promesse d'action pour que certaines entreprises s'engagent, de manière volontaire, à limiter la publicité ciblant les enfants. Un seul distributeur et une poignée de producteurs alimentaires ont effectivement participé à cette action. La promesse est arrivée à échéance en 2014, sans que les initiateurs aillent jusqu'au bout de la démarche et sans qu'on entende parler d'une nouvelle promesse. Il existe toujours des publicités où des Schtroumpfs, personnages bien-aimés des enfants, font la promotion d'aliments hypercaloriques. Et ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres.

Les entreprises sont loin de jouer toutes le jeu, l'engagement volontaire ne suffit pas. Il faut donc agir d'une autre manière, et c'est la raison pour laquelle je vous invite à soutenir ma motion.

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