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Couchepin Pascal · Bundesrat · 2002-06-05

Couchepin Pascal · Bundesrat · Wallis · 2002-06-05

Wortprotokoll

Monsieur Scheurer, en ce qui concerne les exportations et importations avec les Etats-Unis, j'essaie d'obtenir des informations, car c'est un sujet qui jusqu'à maintenant n'a jamais été porté à ma connaissance. Je me souviens d'avoir entendu parler de cet incident dramatique qui a limité la consommation de vin blanc à l'occasion d'une fondue à New York, je crois, ou à Salt Lake City, à l'occasion des Jeux olympiques. C'est évidemment quelque chose qui me déplaît, mais je veux savoir si c'est en fonction d'une règle générale ou si c'est en fonction de décisions bureaucratiques de l'administration américaine.

Votre question portait sur les distorsions de concurrence en Europe. Sur ce point-là, je crois qu'on vous a répondu.

En ce qui concerne l'aide à la reconstitution du vignoble - le réencépagement -, en effet, notre souhait, si on arrive à signer ces contrats d'objectifs, est de présenter au Conseil fédéral avant l'été un projet d'arrêté qui prévoirait un subside de l'ordre de 2 francs par mètre carré, soit 20 000 francs à l'hectare, ce qui est une bonne chose. Certains marchands de vin qui font des contrats à long terme avec les vignerons sont disposés à contribuer de leur côté - mais ça, c'est une décision privée - par un montant supplémentaire. Le subside qui proviendrait de la Confédération serait de l'ordre de grandeur indiqué précédemment.

En ce qui concerne les surfaces qui seraient structurellement en trop dans les vignobles et qui sont plantées en chasselas, j'essaie d'être prudent, car on constate que les modes dans la consommation de produits alimentaires varient rapidement. Or la modification du vignoble est, par définition, quelque chose qui se fait en plusieurs années puisque, si je me souviens bien, ayant moi-même replanté une vigne il y a quelques années, il y a trois ans sans production au départ, et la quatrième ou la cinquième année, il ne faut pas trop charger la vigne, il faut plutôt viser à ce qu'elle s'épanouisse dans toute sa beauté avant de l'inviter à produire ses fruits délicieux.

Si on donne les subsides au réencépagement ainsi durant un certain temps, on réduit la quantité de vin puisqu'il y a toute une série de vignes jeunes qui ne sont pas productives. A long terme, il faudrait éviter une chose: c'est qu'à force de pousser au réencépagement en spécialités, on aboutisse à la surabondance et à la surproduction en spécialités, ou, pire encore - et c'est une inquiétude réelle, on le voit avec la mode du chardonnay qu'on plante un peu n'importe où -, que, pour faire des spécialités, on fasse cela sur des terrains inadaptés et qu'ainsi on porte atteinte à la réputation des spécialités. C'est la raison pour laquelle je crois qu'il faut absolument que les mesures de réencépagement soient liées à l'obligation de bien étudier quel est le plant adapté à la nature du terrain.

En 2001, les importations se sont élevées à 164 millions de litres, soit 4,6 millions de plus qu'en 2000. L'augmentation [PAGE 745] est due à l'accroissement des importations de vin blanc, qui ont passé de 17 à 22 millions de litres. Ce n'est donc pas énorme, mais c'est en progression et c'est naturellement le fruit de la globalisation des contingents qui est intervenue, sauf erreur, au 1er janvier 2001, et qui avait été décidée en 1995, soit 5 ou 6 ans auparavant. Lorsque les contingents sont globalisés, cela permet d'importer au choix du vin rouge ou du vin blanc. Le vin rouge était déjà globalisé, mais la globalisation des deux types de contingents s'est faite en 2001. Alors, tout naturellement, il y aura une augmentation des importations de vin blanc, puisque le consommateur a une offre plus variée dans le domaine des vins blancs que ce n'était le cas auparavant.

Il y aura probablement une baisse de la part de marché des vins blancs suisses, une baisse légère, limitée, parce que la qualité des vins blancs suisses est tout à fait remarquable, et on voit qu'il n'y a pas d'explosion des importations de vin blanc. Les vins rouges, quant à eux, ont été importés dans une proportion légèrement moindre que l'année précédente puisqu'il y a eu 300 000 litres de moins importés que l'année précédente.

Je ne veux pas jouer à Fidel Castro et continuer à parler en attendant que mon collaborateur me donne la réponse au sujet des Etats-Unis d'Amérique. Je m'interromps ici et dès qu'il aura fourni la réponse, je viendrai vous la donner en confidence dans les travées.