Couchepin Pascal · Bundesrat · 2002-06-05
Couchepin Pascal · Bundesrat · Wallis · 2002-06-05
Wortprotokoll
Monsieur Rennwald, il n'y a aucun doute sur ce que je pense à ce sujet. Je l'ai dit au moment du débat sur les mesures d'accompagnement, je l'ai répété à plusieurs reprises et je le redis maintenant: du point de vue de la doctrine économique, les mesures d'accompagnement ne sont pas quelque chose qui favorise la croissance, mais nous les avons voulues, je les veux toujours et je les voudrai encore, parce que, je l'ai dit aujourd'hui encore, la croissance est faite pour l'homme, pour l'individu, elle n'est pas faite pour la théorie générale. Alors, nous avons décidé, mais c'est un conflit d'objectifs, de restreindre les avantages que pourrait avoir la libéralisation totale du marché du travail en fonction d'objectifs que nous partageons, que nous voulons et qui sont pour nous aussi importants que la maximalisation en toute circonstance de la croissance. Ces objectifs sont la paix sociale et la protection des travailleurs.
J'ai soutenu avec conviction les mesures d'accompagnement, je continue à les soutenir et je ferai tout pour qu'elles soient appliquées avec la plus grande équité, d'autant plus que le peuple suisse les a approuvées massivement. Mais, du point de vue de la pure doctrine, c'est vrai qu'il y a un conflit d'objectifs. La croissance pourrait être plus forte s'il n'y avait pas des mesures de ce type, mais, encore une fois, il n'est pas question de les abandonner. Il y a un conflit, et on a tranché en faveur de la protection des travailleurs au risque de diminuer un peu le potentiel de croissance. Mais, globalement, les accords bilatéraux apportent un potentiel de croissance, notamment par la libéralisation du marché du travail pour les catégories les plus expertes et les personnes les plus recherchées sur le marché du travail, celles qui ont le plus haut niveau de compétence. Pour l'ensemble des travailleurs, le marché est plus ouvert dans les deux sens, Suisse-Union européenne, Union européenne-Suisse, mais nous ne voulons pas de dumping social, nous ne voulons pas que cela se fasse au détriment de la sécurité du travailleur et de tout ce qui a été promis au moment des accords bilatéraux. Je crois qu'il n'y a pas l'épaisseur d'un papier de cigarette entre vos convictions et les miennes dans ce domaine.