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Chevalley Isabelle · Nationalrat · 2017-12-05

Chevalley Isabelle · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2017-12-05

Wortprotokoll

Cette initiative a été lancée dans le sillage des deux autres initiatives en lien avec la souveraineté alimentaire: celle de l'Union suisse des paysans et celle des Verts.

Le Parlement est soucieux de la souveraineté alimentaire et c'est pourquoi il a soutenu le contre-projet à l'initiative de l'Union suisse des paysans, contre-projet qui a été largement accepté par le peuple suisse cet automne. Ce contre-projet se voulait aussi être une réponse aux deux autres initiatives. Dès lors, le groupe vert'libéral estime qu'une réponse à la question de la sécurité alimentaire a déjà été apportée par l'inscription du nouvel article 104a dans la Constitution fédérale.

Si on entre dans le détail de cette initiative, on s'aperçoit que d'autres thèmes, comme celui de l'aménagement du territoire, sont également réglés. Il est évident qu'il faut protéger les terres cultivables et c'est dans ce sens que la loi sur l'aménagement du territoire et le plan sectoriel des surfaces d'assolement ont été révisés. Avec ces révisions, la protection des terres cultivables a été massivement renforcée. Concernant l'aspect organisationnel, ce n'est pas à la Confédération de créer des organisations paysannes, mais c'est aux paysans eux-mêmes de le faire - d'ailleurs, ils le font déjà très bien.

Le prélèvement de droits de douane supplémentaires sur des produits importés non conformes aux règles sociales et environnementales qui prévalent en Suisse me fait penser aux indulgences que l'on s'achetait dans l'Eglise catholique. Se dire: "Je consomme des produits non respectueux de l'environnement et des conditions sociales, mais je m'achète le droit de le faire" est aussi peu éthique que d'interdire de produire du foie gras en Suisse tout en autorisant son importation.

Enfin, ce n'est pas à l'Etat de fixer les prix et d'organiser le stockage et les échanges entre paysans et consommateurs. Cette façon de faire serait celle d'une économie collective. Il existe un terme bien connu en Russie pour définir une économie collective: ce sont les kolkhozes. L'histoire nous a montré que cette manière de faire n'a pas rendu les paysans plus riches et n'a pas non plus permis d'augmenter la production.

Ce n'est pas par des mesures étatiques que l'on résoudra les problèmes des paysans, mais bien par une responsabilisation des consommateurs, car ce sont bien eux qui font la pluie et le beau temps dans ce secteur. Comment expliquer que l'on accepte de dépenser une fortune en essence pour aller économiser trois francs six sous dans l'achat de denrées alimentaires de l'autre côté de la frontière? Les mêmes personnes qui se plaignent d'avoir des salaires trop bas n'ont aucun problème à faire du tourisme d'achat, accentuant du même coup la pression sur les salaires suisses.

En faisant preuve d'un peu de cohérence, c'est-à-dire non seulement en consommant local, en acceptant de payer le juste prix d'une denrée alimentaire respectueuse de l'environnement et des conditions sociales, mais également en gaspillant moins notre nourriture, nul besoin d'un nouvel article constitutionnel.

C'est pourquoi le groupe vert'libéral ne recommandera d'accepter ni l'initiative ni le contre-projet proposé.