Grin Jean-Pierre · Nationalrat · 2018-02-28
Grin Jean-Pierre · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2018-02-28
Wortprotokoll
Ma motion, déposée en avril 2016, concerne l'accord de libre-échange avec la Malaisie, et en particulier l'huile de palme.
L'huile de palme étant un des produits phares des exportations de la Malaisie, il va de soi que ce produit soit mentionné dans les négociations en cours.
Selon le Conseil fédéral, le fait d'exclure l'huile de palme de l'accord empêcherait d'en conclure un, avec les conséquences que cela impliquerait pour l'économie suisse. Mais ce que le Conseil fédéral oublie de dire, c'est que la production d'huile de palme ne répond pas du tout aux normes du développement durable, entre autres aux niveaux social et écologique.
Au niveau social, selon le programme des Nations Unies pour l'environnement, la plantation de palmiers à huile est la principale cause de déforestation en Malaisie. Les violations des droits humains dont est victime la population locale, chassée de ses terres par les entreprises d'huile de palme, complètent ce triste tableau. On reprend les terres des petits paysans pour en faire de grandes exploitations de production d'huile; les petits propriétaires deviennent alors des employés de ces grandes entreprises avec des salaires de misère ou presque. De plus, la production d'huile de palme utilise à grande échelle un herbicide interdit en Suisse, le paraquat, connu sous le nom de Gramoxone. A ce jour, déjà plus de 50 pays l'ont interdit, car cet herbicide a des effets néfastes sur la santé des utilisateurs et des consommateurs. En 1989 déjà, cet herbicide avait été interdit en Suisse, et, aujourd'hui, on s'apprête à signer un accord avec un pays utilisateur de ce produit à large échelle.
Actuellement, la Malaisie fournit plus de la moitié des importations d'huile de palme en Suisse; ces cinq dernières années, elles ont pratiquement quadruplé.
La suppression des droits de douane prévue dans le cadre d'un accord de libre-échange pour une huile de palme produite dans de telles conditions serait désastreuse pour la production d'oléagineux en Suisse, en particulier pour la culture du colza. Ceci mettrait en sursis aussi la qualité du paysage cultivé, avec les magnifiques couleurs jaunes des champs de colza en fleurs.
De plus, l'huile de palme a une forte teneur en acides gras saturés, ce qui peut mettre en danger la santé des consommateurs, augmentant le risque de maladies cardiovasculaires.
En revanche, la réputation de l'huile de colza n'est plus à faire tant les apports nutritifs en vitamine E, en oméga 3 et en acides gras polyinsaturés sont reconnus pour notre santé, en particulier pour diminuer les risques de diabète.
Une large coalition d'organisations suisses demande aussi l'exclusion de l'huile de palme de cet accord. Par ailleurs, l'huile de palme se cache dans de nombreuses préparations alimentaires, ayant été jusqu'à la fin de l'année dernière mentionnée par le terme général d'"huile végétale".
Pour toutes ces raisons, il est urgent de réduire nos importations d'huile de palme, et l'importation de cette huile ne doit pas figurer dans cet accord. Je vous demande d'accepter ma motion pour préserver la santé physique et sociale de tous.