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Dreifuss Ruth · Bundesrat · 2002-06-17

Dreifuss Ruth · Bundesrat · Genf · 2002-06-17

Wortprotokoll

Mme Meyer et M. Neirynck, vous êtes préoccupés par le même sujet, mais M. Neirynck a posé des questions qui touchent d'avantage à l'aspect pharmacologique de cette substance. Cela me permet de compléter la réponse que je viens d'apporter à la question Meyer Thérèse en ajoutant les éléments suivants.

L'augmentation du nombre de prescriptions de Ritaline pour le traitement d'enfants souffrant d'hyperactivité et de difficultés de concentration peut s'expliquer en grande partie par une meilleure connaissance qu'ont les pédiatres, les parents et les enseignants des troubles occasionnés par l'hyperactivité ainsi que des moyens médicamenteux existants.

Dans ce contexte, les études menées et publiées aux Etats-Unis ont pu jouer un certain rôle. Selon l'avis des scientifiques ces troubles sont dus, dans la majorité des cas, à un dysfonctionnement métabolique du cerveau qui peut être [PAGE 919] traité grâce à la Ritaline. Avant la prescription de Ritaline, il était souvent impossible de guérir ces troubles. Cependant il importe, comme je l'ai déjà dit tout à l'heure, de combiner la prescription de Ritaline avec des mesures éducatives, psychothérapeutiques et pédagogiques ainsi qu'avec un suivi médical de qualité et, comme je l'ai dit tout à l'heure aussi, en intégrant les parents dans le projet thérapeutique.

En ce qui concerne votre deuxième question, je peux dire que, selon la nouvelle loi sur les produits thérapeutiques, entrée en vigueur le 1er janvier 2002, l'Institut suisse des produits thérapeutiques s'est vu confier la compétence de délivrer des autorisations de commercialisation et de surveiller ensuite le marché. Par conséquent, c'est à l'institut qu'il incombera le cas échéant de prendre des mesures si l'appréciation des risques devait être corrigée. Aujourd'hui, il y a eu appréciation de ces risques et ils peuvent être décrits, sommairement, de la façon suivante.

La Ritaline est un médicament dont la structure chimique est en fait un dérivé amphétaminique. Comme tel, il est classé parmi les stupéfiants. Des abus de Ritaline sont connus, mais ils sont le fait de personnes présentant déjà une toxicomanie à plusieurs substances. Par contre, le risque d'abus chez les jeunes patients traités pour un trouble du déficit d'attention apparaît comme très faible. La nervosité, l'irritabilité, l'insomnie et des troubles de l'appétit avec perte de poids, des douleurs abdominales, des nausées, des maux de tête, une sensibilité exacerbée, sont des effets indésirables fréquents, du moins au début du traitement. Une adaptation des doses permet en général de les contrôler.

Comme tous les médicaments donnés sur prescription, la Ritaline peut entraîner des effets indésirables, plus sérieux dans de rares cas. Une description exhaustive de ces effets se trouve dans la notice d'information professionnelle et aussi dans le Compendium suisse des médicaments. Selon l'avis de plusieurs experts médicaux et de Swissmedic, le rapport bénéfices/risques - "bénéfices" étant entendu au sens thérapeutique du terme - de la Ritaline apparaît actuellement comme positif dans ces indications reconnues que je viens de citer.

Je m'excuse de cette réponse un peu longue - il est possible qu'il y ait encore une question complémentaire -, mais je tenais à saisir l'occasion pour vous informer de l'état de nos connaissances.