Lexipedia

Clottu Raymond · Nationalrat · 2018-09-26

Clottu Raymond · Nationalrat · Neuenburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2018-09-26

Wortprotokoll

Que de bruit pour se positionner, pour exploiter émotionnellement une information tronquée, en plus d'une certaine méconnaissance du dossier! Voilà la réalité de la campagne orchestrée contre l'adaptation de l'ordonnance sur le matériel de guerre. Il faut lire et comprendre la proposition d'adaptation de cette ordonnance. Les exportations feront l'objet d'un examen minutieux au cas par cas, en tenant compte des zones concernées et surtout du genre d'équipement exporté. Entre autres, le Département fédéral des affaires étrangères disposera d'un droit de veto, et le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports sera consulté si des questions de politique de sécurité devaient se poser. On ne peut donc pas parler d'assouplissement, mais bien d'une adaptation des règles d'exportation. Les contrôles resteront draconiens, à juste titre, car nous ne sommes pas favorables à une extension tous azimuts des exportations, qui mettrait en péril notre position d'Etat neutre et humanitaire.

Prenons un exemple concret. Je ne vais pas dresser ici la liste des pays africains, asiatiques, sud-américains ou est-européens qui vivent des tensions internes. Par contre, nous pouvons tous constater que la majorité des nations sont concernées par des conflits internes plus ou moins intenses. Doit-on renoncer à leur livrer des ambulances, des radios, des téléphones, des véhicules tout-terrain, parfois blindés, des avions Pilatus, des systèmes de défense antiaérienne? Poser la question, c'est y répondre: non.

Le matériel à double usage doit être analysé soigneusement et, si rien ne s'y oppose, il doit pouvoir être exporté. Dire non par principe, par dogmatisme, ne règle pas les problèmes. Dire non revient simplement à empêcher l'économie suisse de défense et de sécurité de se développer, pour le plus grand intérêt d'autres pays. Les entreprises de notre pays demandent simplement à être traitées comme dans la plupart des nations européennes exportatrices, à l'exemple de la Suède et de l'Autriche. Nos entreprises ne sont pas aveugles et, d'une manière générale, elles ne déposent pas de demande pour des exportations problématiques ou alors, en cas de doute, elles sondent le SECO avant de déposer une demande officielle. D'une manière générale, les entreprises de ce pays respectent non seulement la loi, mais aussi son esprit. Elles ne demandent qu'à assurer la sauvegarde d'un important savoir-faire et, surtout, la pérennité de plus de 15[NB]000 emplois dans notre pays.

Oui, la Suisse est un pays neutre et souverain, qui tient à son indépendance. Nous voulons une industrie de défense et de sécurité qui soit en mesure de livrer à notre armée des produits de haute qualité et de les maintenir en état de fonctionner en cas de tensions et de fermeture des frontières. Cette industrie de défense et de sécurité a besoin d'une dimension économiquement viable. Elle doit pouvoir innover, développer, produire et livrer des quantités raisonnables. Les besoins de notre armée ne suffisent pas pour assurer la recherche, le développement et la fabrication de systèmes de défense modernes. En tant que pays souverain, nous ne pouvons pas dépendre entièrement de nos voisins ou de l'OTAN pour notre défense.

En conclusion, pour toutes ces bonnes raisons et pour ne pas tomber dans un débat exclusivement émotionnel, basé sur une mauvaise lecture du projet, je vous invite à rejeter la motion du groupe PBD.