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Bendahan Samuel · Nationalrat · 2018-11-27

Bendahan Samuel · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2018-11-27

Wortprotokoll

Lorsque l'on se penche sur ce genre de budget, on se pose toujours cette question: allons-nous investir dans notre avenir ou allons-nous simplement nous tourner vers le passé? Allons-nous décider de faire les efforts que nous devons faire pour la formation, pour les gens, pour la population, alors qu'aujourd'hui nous en avons les moyens, ou allons-nous uniquement rembourser la dette, qui aujourd'hui ne nous coûte quasiment rien?

Plus d'1,3 milliard de francs de bénéfice! Voilà ce qui est prévu dans le projet de budget peu ambitieux proposé par le Conseil fédéral faisant suite aux coupes qui ont été proposées jusqu'à maintenant. Alors, je vous pose cette question: est-ce normal, alors que notre pays a la chance d'avoir ces moyens, cet argent, de ne pas se dire que nous devons donner cet argent aux générations futures et renforcer la position de notre pays? C'est une question importante, parce qu'il n'y a pas si longtemps nous discutions de l'AVS, et toutes les personnes ici qui défendent aujourd'hui les coupes budgétaires disaient qu'en acceptant une réforme renforçant les rentes de l'AVS, nous péjorions en réalité la situation pour les générations futures. Mais que ferez-vous lorsque nous nous prononcerons justement sur des investissements dans la formation? Accepterez-vous de soutenir les générations futures? C'est bien les questions auxquelles nous devrons répondre. Pourtant, les sujets ne manquent pas dans ce budget.

D'abord, je me permettrai d'en mentionner un qui me tient à coeur, tout comme à beaucoup d'autres personnes: l'égalité entre femmes et hommes. Nous avons eu beaucoup de débats à ce sujet au Parlement, aujourd'hui et cette année. Je pense qu'il est fondamental de donner un signal plus fort par rapport à cela. Alors que notre Parlement a accepté la révision - certes modeste - de la loi sur l'égalité, il est nécessaire aussi de donner les moyens au Bureau fédéral de l'égalité entre femmes et hommes d'agir. Alors, je pose cette question aux représentants de l'UDC: est-ce vraiment justifié, est-ce vraiment nécessaire de "troller" l'ensemble du conseil et de la population avec une proposition de suppression complète du Bureau fédéral de l'égalité entre femmes et hommes? Je ne pense pas. Au contraire, je pense que nous devons initier les investissements nécessaires pour nous assurer que le pays soit exemplaire dans ce domaine.

Il y a d'autres questions fondamentales: le développement, par exemple. Quelle politique internationale voulons-nous suivre? Est-ce normal de proposer des millions de coupe dans l'aide au développement, alors que nous renforçons le budget de l'armée? Nous proposons le contraire. Nous proposons de rappeler que la sécurité de notre pays dépend de la sécurité internationale et que si nous voulons vivre dans un monde en paix, cela passe aussi par des contributions, notamment à l'aide au développement et à la paix au niveau international.

Nous allons aussi avoir un certain nombre de débats sur des questions culturelles, notamment le maintien du Musée alpin suisse. Evidemment, cela peut paraître anecdotique en termes de montant par rapport à l'ensemble du budget, mais ce conseil a montré à maintes reprises qu'il était attaché à notre patrimoine. Nous devons faire attention à ne pas non plus mettre en péril des institutions qui ont une importance nationale.

Il est aussi intéressant de discuter d'autres domaines dans lesquels des coupes sont prévues. Nous allons parler, par exemple, de formation. Or, quand on parle d'investissements pour le futur, est-ce normal que nous en venions à proposer des coupes de millions de francs dans les domaines des hautes écoles comme de la formation professionnelle, et de la formation pour tous? Il ne faut pas oublier que, si nous vivons bien aujourd'hui, c'est parce que, dans le passé, nous avons fait des investissements. Or, nous constatons aujourd'hui que, si la dette de notre pays est plutôt faible, ce que nous risquons de perdre en n'investissant pas assez pourrait nous coûter cher dans les dix ou vingt prochaines années.

C'est pour cela que nous, groupe socialiste, invitons ce conseil à adopter un budget plus ambitieux, pour l'avenir de notre pays. Rappelez-vous que chaque franc investi dans la formation ou dans les infrastructures est un franc dont la valeur sera démultipliée en l'espace de quelques années seulement.

Outre les domaines de la formation et de la recherche, dans lesquels nous fustigeons les coupes qui sont proposées, il faut aussi investir pour l'avenir de notre planète. Les investissements que nous pourrons faire, notamment dans la modernisation des bâtiments, dans l'énergie ou la biodiversité, sont des investissements, qui, eux aussi, soit nous rapporteront, soit nous éviteront de payer le prix fort à l'avenir.

Nous avons une chance incroyable en comparaison avec tous les pays qui nous entourent. Nous sommes un pays qui a des moyens: nous avons des moyens humains, nous avons des moyens financiers. Pourquoi n'utilisons-nous pas ces moyens aujourd'hui pour renforcer encore notre position demain? La réponse à cette question, malheureusement, ne se trouve pas dans le budget.

Je vous invite à accepter toutes les propositions qui visent à une politique plus ambitieuse en faveur de notre population.