Beck Serge · Nationalrat · 2000-03-15
Beck Serge · Nationalrat · Waadt · Liberale Fraktion · 2000-03-15
Wortprotokoll
Il convient tout d'abord de réaffirmer que la forêt nécessite une politique de gestion à long terme, contrairement à l'ambiance de notre temps. C'est en effet sur cinquante à cent ans que l'on mesure l'évolution du milieu forestier, en fonction de l'action de l'homme ou en fonction de l'évolution des conditions naturelles. L'ouragan Lothar est un évènement exceptionnel dont les traces seront durables, très durables dans certaines régions de notre pays. A cet évènement exceptionnel avec des contraintes importantes au niveau de l'exploitation et donc au niveau du marché du bois qui sera saturé pour plusieurs années, il convient de répondre par des mesures exceptionnelles.
La majorité d'entre nous est consciente du rôle polyvalent de la forêt, rôle fondamental pour notre pays. Ce débat va sans doute nous donner l'occasion de constater que les intervenants voudront, chacun à leur tour, mettre en exergue l'un des aspects de la polyvalence de la forêt et voudront en faire un monopole. Il n'y a pas lieu de céder à ces querelles partisanes, mais il y a lieu de garder à l'esprit le rôle polyvalent de la forêt, ceci dans l'intérêt général de notre pays.
Les conséquences de l'ouragan Lothar nécessitent des mesures de conservation exceptionnelles qui passent, et il s'agit de le répéter, contrairement à ce que voulait dire M. Baumann, par une exploitation rapide des bois abattus par la tempête. Il convient à cet égard de saluer la célérité avec laquelle le Conseil fédéral et l'Office fédéral de l'environnement, des forêts et du paysage ont mis sur pied les mesures dont nous débattons. Il y a là une réponse adéquate, en tout cas dans les temps, de la part de l'administration. Un soutien financier est indispensable pour un assainissement rapide des forêts qui sont touchées, et ceci dans l'intérêt général. Mais il faut veiller à ce que les moyens engagés respectent les mécanismes ordinaires de l'économie et n'asservissent pas ceux-ci à des visées intégristes dans le domaine de l'écologie ou du collectivisme. A ce titre, l'indemnisation à hauteur de 70 pour cent pour des bois qui ne seront pas exploités n'est pas admissible. De même que les contraintes maintenues sur la capacité de chargement des camions, alors même que nous nous sommes déjà engagés à généraliser la limite des quarante tonnes, n'est pas plus admissible et sont des lourds handicaps économiques pour la mise en valeur des bois qui ont été abattus par la tempête.
Je crois qu'il y a lieu également de préserver l'équité dans le soutien aux forêts publiques, comme aux forêts qui sont en mains de propriétaires privés, et de relever que l'une et l'autre jouent ce rôle indispensable pour notre pays. Je crois que les mesures proposées de soutien au marché du bois et à l'exploitation peuvent être appropriées, dans la mesure où l'équité de traitement entre propriétaires privés et propriétaires publics de forêt est garantie lors de la mise en application des mesures.
Le groupe libéral vous invite donc à entrer en matière sur ce projet de soutien financier qui est indispensable dans l'intérêt général. Mais il vous invite aussi à garder un oeil critique dans l'examen de détail des mesures proposées, ceci de manière à ce que l'économie forestière ne soit pas asservie dans le cadre de mesures exceptionnelles à des contraintes excessives en matière d'environnement ou de nationalisation de la forêt.