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Bendahan Samuel · Nationalrat · 2018-12-06

Bendahan Samuel · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2018-12-06

Wortprotokoll

Je vous invite, à propos de ce bloc, à soutenir l'ensemble des propositions de minorité qui ont été déposées.

Je vais commencer par l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) et le poste 316.A200.0001. Je vous rappelle, aujourd'hui, que la santé est l'une des questions qui préoccupent le plus la population de notre pays. Enlever à l'OFSP des moyens qui ne sont déjà pas très élevés vu les coûts généraux de la santé, est une décision complètement absurde. Donner les moyens à l'OFSP d'accomplir ses missions permet d'économiser dix, voire cent fois plus d'argent que si, au contraire, nous rendons cet office le plus incapable possible de remplir ses missions. Nous avons donc intérêt, en vue d'avoir une politique et des coûts de la santé raisonnables, à laisser la Confédération faire le mieux possible son travail à ce niveau et, aussi, dans les domaines tels que celui de la prévention.

Je vous invite aussi, concernant le Contrôle fédéral des finances et le poste 611.A200.0001, à soutenir la proposition de la minorité Kiener Nellen pour une raison simple, que je vais vous exposer. Aujourd'hui, vous voyez à quel point il y a un besoin fondamental de renforcer la confiance de la population dans nos politiques et dans le travail de la fonction publique. Le contrôle des finances est un élément essentiel pour cela. Réduire les moyens du Contrôle fédéral des finances est une décision qui sera perçue comme absolument incompréhensible par la population. Comment peut-on accepter aujourd'hui de dire que, finalement, on va empêcher les gens qui cherchent à renforcer la confiance dans nos institutions de faire leur travail, en réduisant leurs moyens, alors que, au contraire, on sait bien que les contrôles deviennent de plus en plus nécessaires et complexes? [PAGE 1992]

Je vous invite donc à soutenir la proposition de la minorité Kiener Nellen et à ne surtout pas couper dans les moyens du Contrôle fédéral des finances.

Concernant l'agriculture et le poste 708.A200.0001, vous savez quelle est l'importance, aujourd'hui, de la question des produits phytosanitaires dans l'agenda international. Nous sommes en train de parler de la santé publique, de la qualité de l'agriculture suisse et de la défense de l'environnement en général. Rappelez-vous ce qui fait la réputation de notre pays dans le monde: c'est aussi la qualité de ses terrains, sa biodiversité. L'utilisation de produits phytosanitaires est souvent discutée par les multinationales. L'essentiel est d'affirmer que l'on veut savoir les choses, que l'on veut les analyser. Nous ne pouvons pas fermer les yeux et dire que nous ne voulons pas comprendre ce qui se passe.

Je vous invite à soutenir l'augmentation de l'enveloppe budgétaire dans ce domaine, pour que nous puissions faire les analyses nécessaires de manière à savoir à quoi nous avons affaire en matière de produits phytosanitaires.

Le fait de s'attaquer à l'Organe d'exécution du service civil n'a pas non plus vraiment de sens puisqu'évidemment, en réalité, si vous souhaitez modifier le fonctionnement du service civil, vous pouvez le faire; le Parlement a la possibilité de le faire. Mais accorder une mission d'abord et, ensuite, empêcher les personnes d'accomplir cette mission, ce n'est pas la bonne manière de procéder, ni le bon objectif à viser. Je vous invite donc à soutenir la minorité Weibel afin de maintenir les moyens destinés à l'Organe d'exécution du service civil.

Concernant la proposition de coupe transversale, j'avais proposé, devant notre conseil, de retrancher 500 millions de francs à l'armée suisse d'ici quatre ans. La proposition de la Commission des finances est une sorte de compromis par rapport à ma proposition, puisqu'il s'agit de couper dans les moyens attribués à l'armée, mais de répartir la diminution sur 2020, 2021 et 2022, alors que je proposais de concentrer la coupe sur 2022. Le compromis proposé par la Commission des finances vise une réduction dans les charges globales de fonctionnement et consiste à passer par ces charges globales pour réduire le budget de l'armée. Il est évident que le Conseil fédéral sera obligé de s'attaquer aux charges les moins utiles, c'est-à-dire celles du domaine Défense, puisqu'il fait face à de très nombreuses charges générales de fonctionnement. Je comprends l'objectif consistant à réduire les moyens de l'armée mais, malgré cela, le groupe socialiste estime que ce n'est pas la bonne manière de procéder. Si vous souhaitez couper le budget de la Défense et vous attaquer au Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports, faites-le, mais en disant exactement où vous souhaitez le faire; c'est une pratique que nous défendons pour tous les postes budgétaires.

Je vous invite à soutenir la proposition de la minorité Meyer Mattea et à ne pas couper sans distinction, par le biais des charges générales, dans le budget de l'armée.

Enfin, concernant l'évaluation du personnel, je vous invite à faire preuve de raison. L'ensemble des études scientifiques qui traitent de la question de l'évaluation du personnel démontrent que, lorsque ces évaluations sont mal faites, elles sont un facteur massif de démotivation. D'habitude, lorsque l'on procède à une coupe, cela a pour conséquence que l'on réduit une prestation mais que l'on gagne de l'argent. En cas d'acceptation de la proposition de la majorité de la commission, on réduirait une prestation et on pourrirait la vie des gens ce qui, en plus, coûterait beaucoup d'argent, car la démotivation du personnel coûte extrêmement cher. Les coûts de la démotivation du personnel sont bien plus élevés que les millions de francs discutés aujourd'hui dans le cadre du budget 2019.

Je vous invite à bien réfléchir à cela et à considérer que si nous voulons une politique du personnel qui soit correcte, nous ne pouvons pas opter pour une politique consistant à décider à l'avance combien de personnes seront classées dans quelle catégorie. Ce serait un exercice absurde correspondant à l'inverse de ce qu'est une bonne politique en matière de personnel.

Je vous invite à accepter toutes les propositions de minorité et, ainsi, à entendre la voix de la raison.