Berberat Didier · Ständerat · 2018-12-12
Berberat Didier · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2018-12-12
Wortprotokoll
J'aimerais aborder deux points. Tout d'abord, je pense que l'article 25 alinéa 2 lettre h LAMal est trop restrictif, car il précise que seules les prestations du pharmacien fournies lors de la vente de médicaments prescrits par un médecin sont prises en charge par l'assurance obligatoire des soins. Nous sommes bien entendu tous d'accord sur le fait que les médicaments ne doivent être remboursés par l'assurance obligatoire des soins que si un médecin les prescrit - cela me paraît évident -, faute de quoi, il est clair que le pharmacien deviendrait un médecin dispensant et les volumes risqueraient d'exploser et donc les coûts également. Par contre, à mes yeux, il est important - et cela a déjà été mentionné par Monsieur Ettlin - d'autoriser les pharmaciens à fournir des prestations aux patients sous traitements médicamenteux, aussi sans vente, comme dans les exemples qui sont cités dans le développement de la motion Ettlin Erich.
Je ne veux pas reprendre tous les points de cette motion, mais il y a notamment un point qui a déjà été abordé, c'est la question de la gestion des EMS selon le modèle fribourgeois, où le pharmacien fournit une expérience sans vendre de médicaments. C'est un essai qui est couronné de succès et cela contribue aussi à faire baisser les coûts. Avec le dossier électronique du patient, le pharmacien connaîtra - avec l'assentiment du patient, bien entendu - les diagnostics, les valeurs de la fonction hépatique et rénale des patients par exemple; il pourra fournir une expertise d'importance capitale sans rien vendre.
Un autre point que je souhaiterais aborder, c'est le fait que le Parlement a encouragé la vaccination en pharmacie, notamment des adultes en bonne santé, car ces derniers, on le sait, ne se rendent pas ou alors que rarement chez le médecin uniquement pour cela. D'ailleurs, la loi sur les professions médicales universitaires a été récemment modifiées afin que tous les pharmaciens soient formés à l'université pour la vaccination. Actuellement des centaines de pharmaciens ont suivi un cours postgrade de vaccination; ils sont donc autorisés à vacciner dans la grande majorité des cantons.
La récente journée de vaccination contre la grippe a été un grand succès. J'ai d'ailleurs été vacciné par un pharmacien zurichois, ici à Berne, un matin de la première semaine de la session.
Les pharmaciens ont clairement atteint un public cible qui ne se serait pas fait vacciner sans cette offre. Il n'y a donc pas de concurrence avec les médecins puisque ces gens n'iraient en principe pas se faire vacciner chez un médecin. Le problème, c'est que sans ordonnance médicale rien n'est remboursé par l'assurance obligatoire des soins. Pour se faire vacciner contre la grippe, les gens en bonne santé sont prêts à payer entre 30 et 45 francs de leur poche, car ils n'ont en principe pas atteint le montant de leur franchise. Par contre, certaines vaccinations sont beaucoup plus coûteuses, notamment celle contre le HPV, qui nécessite trois injections dont le prix va de 70 à 200 francs par injection. Personne ne se fera vacciner en pharmacie si cette vaccination n'est pas remboursée par l'assurance obligatoire des soins.
Je pense donc qu'il est urgent de modifier la LAMal pour permettre aux pharmaciens de facturer le produit et leur travail, même sans ordonnance médicale. Il est important, puisqu'on souhaite faire une promotion de la vaccination sur la base d'un plan vaccinal fédéral, qu'il y ait une prise en charge par l'assurance obligatoire des soins. Bien entendu, je comprends le Conseil fédéral, qui souhaite limiter le plus possible les coûts. Toutefois, il serait extrêmement important de faire en sorte que les pharmaciens soient considérés comme de réels partenaires de santé et puissent dans certains domaines faire un geste relevant actuellement de la compétence des médecins.
Donc je demande au Conseil fédéral, à l'instar de Monsieur Hêche, s'il est prêt à examiner ces questions, qui sont déjà mentionnées dans la motion Ettlin Erich, et, si oui, dans quel délai.