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Lombardi Filippo · Ständerat · 2002-06-18

Lombardi Filippo · Ständerat · Tessin · Christlichdemokratische Fraktion · 2002-06-18

Wortprotokoll

Anche la Deputazione ticinese ha scritto al consigliere federale Leuenberger su questo tema. I cantoni del Ticino e dei Grigioni si sono pronunciati nella stessa direzione ricevendo peraltro risposte piuttosto evasive che rinviano soprattutto a decisioni aziendali della SSR. Eppure, per la Svizzera di lingua italiana questa decisione ha forse ancora più importanza, negativa, di quanto può averla per altre regioni.

È notorio che nella Svizzera italiana vivono percentuali importanti di confederati che parlano altre lingue; è notorio che la televisione della Svizzera italiana rappresenta una delle poche possibilità per la Svizzera italiana di farsi sentire al di fuori dei propri confini, di farsi sentire al nord delle Alpi. Ed evidentemente le limitazioni di questa possibilità di diffusione terrestre sono particolarmente negative. È già stato detto che probabilmente una parte del disagio è dovuta ad una cattiva politica di comunicazione della SSR, ma credo che la sostanza debba essere ugualmente esaminata.

Je crois en fait que le problème a été sous-évalué lorsque la SSR a calculé qu'il n'y avait que 10 000 ménages qui étaient touchés par cette décision. C'est peut-être vrai si l'on considère les ménages qui regardent exclusivement les programmes d'une autre langue dans une région linguistique donnée. Ce n'est certainement pas vrai si l'on considère tous les ménages qui, d'une façon ou d'une autre, occasionnellement, regardent des programmes diffusés dans une autre langue. Alors, le Tessinois qui, une fois par semaine, regarde "Arena" n'appartient certainement pas aux 10 000 ménages considérés par la SSR, mais je croyais qu'il appartenait au service public de lui assurer aussi, une fois par semaine, une émission en langue allemande plutôt qu'en langue française. La même chose évidemment au Nord des Alpes pour les programmes de langue italienne. Nous avons ici effectivement une démonstration d'une compréhension un peu réductrice de ce que doit être le service public et de ce que doit être l'application de l'"idée suisse" dans l'ensemble du pays.

La SSR a répondu en invoquant des motifs techniques - le passage au système de diffusion terrestre digital - qui ne convainquent cependant que jusqu'à un certain point, notamment lorsque l'on considère la période relativement longue, suivant les régions, qui va se passer entre la mise hors service de l'ancienne distribution analogique et la mise en service de la nouvelle distribution digitale. Je crois qu'il y a là un laps de temps relativement long dont l'explication n'est pas essentiellement de nature technique, mais bien financière: l'économie d'une vingtaine de millions de francs par année, que la SSR escompte, en tout cas au début, pouvoir réaliser avec cette décision. Une économie qui va s'ajouter à d'autres dizaines de millions de francs - une cinquantaine je crois - que la SSR a économisés avec le passage de l'ancien système du financement du réseau de diffusion technique hertzien par les PTT à celui où elle récupère la totalité de la redevance et paie la facture que Swisscom Broadcasting lui adresse régulièrement pour cette diffusion. Dans ce passage, sans que personne s'en aperçoive et sans qu'il soit jamais question de réduire éventuellement la redevance que paie le consommateur, la SSR a pu économiser déjà une cinquantaine de millions de francs par année, si ce n'est plus. Je crois donc qu'il aurait été bien de réfléchir un peu et de prendre le temps d'introduire le nouveau système numérique sans précipitation et sans laisser des régions privées de diffusion terrestre pendant quelques années.

La décision de la SSR me semble être aussi négative du point de vue stratégique. Il est vrai qu'il est possible de résoudre le problème en achetant une parabole et en la montant sur le toit de son habitation, dans les régions non reliées à un réseau câblé. A part les considérations esthétiques qui vont évidemment toucher surtout les régions de montagne à cause de la multiplication des paraboles, il y a une considération stratégique qui est, à mon avis, sous-estimée. Les paraboles permettant une réception satellite pousseront sans doute ceux qui les installeront à regarder encore plus les programmes étrangers par rapport aux programmes suisses. C'est bien le problème que nous avons déjà abordé hier en soulignant que plus de 60 pour cent de la consommation de programmes de télévision en Suisse se fait déjà actuellement sur des stations étrangères. Faciliter l'accès à la diffusion par satellite encouragera cette tendance à la consommation de programmes étrangers aux dépens de celle de programmes suisses.

Dans l'ensemble, ce n'est pas une très bonne "idée suisse" qui a été réalisée, et je me demande si le Conseil fédéral ne devrait pas intervenir auprès de la SSR pour que cela soit reconsidéré pour l'avenir immédiat.