Genecand Benoît · Nationalrat · 2019-03-11
Genecand Benoît · Nationalrat · Genf · FDP-Liberale Fraktion · 2019-03-11
Wortprotokoll
Nous débattons d'une quatrième prolongation, dotée de 50 millions de francs, du fonds en faveur de la sauvegarde et de la gestion des paysages ruraux traditionnels. Ce fonds a été institué en 1991 à l'occasion du 700e anniversaire de la Confédération. Ce fonds a depuis fonctionné de manière assez remarquable. Alors peut-être est-ce la pauvreté des moyens dont il dispose qui l'amène à fonctionner d'une façon si remarquable. Mais, c'est un fait, c'est de l'argent extrêmement bien dépensé.
A l'occasion des 25 ans du fonds, donc en 2016, une évaluation a été faite pour analyser si les résultats des 2400 projets qu'il a financés étaient toujours visibles dans la nature. La nature ayant été modifiée, est-ce qu'on entretient encore le chemin, le mur en pierres sèches, la châtaigneraie? Est-ce qu'ils existent toujours? Et dans 90 pour cent des cas, la réponse est oui. Donc ces projets, une fois qu'ils sont lancés, ont un impact durable sur l'environnement.
On a également demandé à la population si elle voyait la différence une fois l'argent investi. On parle chaque fois de petits montants; on n'est pas en train de construire des routes nationales; on parle de montants très raisonnables. On a donc demandé à la population si elle voyait la différence, et la réponse a été très majoritairement positive. 98 pour cent des gens concernés dans une région donnée voient la différence, voient qu'on est intervenu sur le paysage, voient le mur en pierres sèches, le chemin qui a été rénové.
Un autre élément est très important pour nous si nous distribuons de l'argent: nous nous sommes demandé si les projets auraient été réalisés dans tous les cas. Est-ce que les cantons auraient réalisé ces projets? Est-ce qu'ils auraient été mis en oeuvre? Est-ce qu'il y a un effet d'aubaine, la Confédération s'occupant de quelque chose qu'elle pourrait laisser faire par les cantons? La réponse, ici aussi, est extrêmement rassurante: dans les deux tiers des cas, les projets n'auraient pas démarré sans l'argent de la Confédération. Cela ne veut pas dire que les gens se reposent sur l'argent de la Confédération; cela veut dire qu'une fois que la Confédération a donné de l'argent, les cantons contribuent, que les privés contribuent. Le rapporteur l'a dit: les moyens sont multipliés par trois, parce que, puisque la Confédération est intervenue, tout le monde a un intérêt à participer.
Donc il s'agit ici d'une petite contribution - 50 millions de francs pour dix ans -, vu l'ampleur de la problématique, celle de la protection non seulement des paysages, mais aussi de la biodiversité. En effet, il est souvent question de la problématique de la biodiversité, dont nous savons que c'est un problème extrêmement important pour la Suisse.
Je cite deux chiffres pour vous donner une idée du contexte. Quand on a décidé, la première fois, d'accorder ces 50 millions de francs, en 1991, la Suisse comptait 6,7 millions d'habitants. Selon les derniers chiffres de 2017, on en est à 8,5 millions d'habitants, soit 1,7 millions de personnes de plus. Faisons la même comparaison avec le produit intérieur brut: en 1991, il s'élevait à 374 milliards de francs; aujourd'hui, il se monte à 668 milliards de francs, ce qui représente une augmentation de près de 300 milliards de francs.
Pourquoi est-ce que je mentionne ces chiffres? Parce qu'il est évident que s'il y a plus d'habitants dans le pays et que plus d'argent est généré, il y aura plus d'investissements et plus d'atteintes à l'environnement et à la biodiversité. On a ainsi pu constater, il y a encore quelques minutes, la générosité absolument incroyable du Parlement quand il s'agit de bétonner un peu plus le territoire: parfois, on est prêt à le faire même sans savoir combien cela coûte. Je ferme cette parenthèse parce que ce n'est pas l'objet du débat.
Il y a un seul groupe qui s'oppose à ce projet, dont peu de membres sont malheureusement présents en ce moment dans la salle. Il s'oppose au projet pour une question formelle - je me réjouis d'ailleurs de voir le résultat du vote, parce que je pense que le groupe UDC votera le projet à une grande majorité: comme on a dit que le fonds était prévu pour durer dix ans, cela aurait dû rester dix ans. Mais c'est une erreur: si on a prévu dix ans, cela veut simplement dire que, tous les dix ans, on doit se poser la question de savoir ce que l'on fait. On est tout à fait libre de prolonger de dix ans chaque fois, en réfléchissant à ce que l'on est en train de faire. Au moins, en ce qui concerne ce fonds, on sait combien cela coûte - contrairement à ce qui s'est passé tout à l'heure -, ce qui est déjà pas mal. Donc je suis très étonné que l'on fasse des critiques formelles alors que l'on est prêt, dans d'autres dossiers, à dépenser sans trop savoir à combien se montera l'addition au final. [PAGE 226]
Je m'arrête ici en concluant que le groupe libéral-radical soutiendra résolument la prolongation de cet instrument qui fonctionne magnifiquement.