Addor Jean-Luc · Nationalrat · 2019-03-13
Addor Jean-Luc · Nationalrat · Wallis · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2019-03-13
Wortprotokoll
Le contexte qui m'a amené à déposer cette initiative parlementaire, c'est d'abord l'augmentation constante de l'effectif des militaires de religion musulmane dans notre armée. Ce sont aussi des déclarations du chef de l'armée, ainsi que de l'aumônier en chef de l'armée, qui ont créé un climat d'incertitude sur cette question.
Le trouble a encore été renforcé par une modification du règlement de service de l'armée, qui, à l'article 64 alinéa 2, prévoit que "l'assistance spirituelle incombe aux aumôniers" - tout court -, abandonnant ainsi la précision, qui existait auparavant, que cette assistance était du ressort des aumôniers protestants et catholiques romains.
Pour terminer, en écoutant les débats de la commission, j'ai compris que certains ici - mis à part le fait qu'ils sont assez bruyants - ont l'intention d'introduire des aumôniers musulmans.
La problématique que je soulève est ainsi bien réelle, et le besoin tout aussi présent, d'agir pour clarifier la situation.
Ce que je propose - je tiens à le relever - n'a rien de révolutionnaire. Il s'agit en effet simplement d'inscrire dans la loi la situation actuelle, à savoir que l'aumônerie est réservée à des ecclésiastiques catholiques romains, réformés et, depuis 2014, également catholiques chrétiens. Personne, jusqu'ici, n'a prétendu que cette pratique serait discriminatoire.
La situation actuelle, et par conséquent ma proposition, ne sont évidemment pas contraires à la liberté religieuse. En effet, comme cela a été rappelé en commission, l'assistance spirituelle n'a, en soi, pas un caractère confessionnel. Autrement dit, les militaires ont tous droit à une assistance spirituelle, mais ils n'ont pas droit à ce que cette assistance soit apportée par un aumônier de leur religion ou de leur confession.
L'enjeu, c'est simplement de délimiter le cercle des ecclésiastiques habilités à apporter cette assistance. Ce que je propose n'a rien de révolutionnaire non plus si l'on considère que cela ne revient ni plus ni moins qu'à réaffirmer les racines et les traditions de notre pays, qui - que cela plaise ou non - sont chrétiennes, comme d'ailleurs on le sait du nom d'un parti qui n'est pas le mien.
Dans un document récent de l'Etat-major de conduite de l'armée, on lit qu'en dépit de sa nomination par les autorités politiques, l'aumônier doit partir du principe que sa mission lui est confiée en dernier lieu par l'Eglise à laquelle il appartient et qu'il doit obéir aux ordonnances de son Eglise.
La question se pose, sous cet angle, de savoir à quelles ordonnances les aumôniers musulmans, s'ils devaient y en avoir un jour chez nous, obéiraient puisque l'islam est une religion sans véritable clergé. En réponse à ma question 17.5363, "Quels 'spécialistes' musulmans pour l'assistance spirituelle de nos soldats musulmans?", le Conseil fédéral a évoqué le recours à de prétendus spécialistes musulmans pour l'assistance spirituelle de nos soldats musulmans, des spécialistes qui prouveraient leur attachement au bien de la société dans son ensemble et à la paix religieuse dans notre pays. Mais il n'a pas dit comment on pourrait s'assurer de leur loyauté ni comment on pourrait éviter que leur action contribue au développement de foyers de prosélytisme islamiste.
La voie que je propose est donc simple et conforme à nos racines et à nos traditions. Elle existe déjà. Nous savons qu'elle fonctionne sans discrimination. Elle permet surtout à notre armée de rester un outil d'intégration et non pas de communautarisme.
Voilà pourquoi je vous propose de donner suite à mon initiative parlementaire.