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Egger Thomas · Nationalrat · 2019-09-09

Egger Thomas · Nationalrat · Wallis · CVP-Fraktion · 2019-09-09

Wortprotokoll

Je vous présente l'avis de la Commission des finances sur la réalisation de la deuxième étape de la 3e[NB]correction du Rhône. Mais avant de passer au rapport de la commission, permettez-moi une remarque préalable et très personnelle.

J'habite dans la plaine du Rhône, dans une zone qui est menacée par les crues. J'ai personnellement vécu les trois grandes crues des dernières décennies, soit celles de 1987, de 1993 et de 2000. Toutes les trois ont créé d'énormes dégâts et entraîné aussi la perte de vies humaines. Les images de la ville de Brigue, complètement inondée, en 1993, sont encore très présentes dans nos mémoires. Cette crue a causé la mort de deux personnes à Brigue. Les dégâts financiers se sont élevés à 650 millions de francs. Et en 2000, seulement sept années plus tard, c'est Gondo qui a été dévasté, avec treize morts, deux morts à Neubrück et un dans le Bas-Valais. Les pertes financières se sont élevées à 470 [PAGE 1384] millions de francs - les deux pertes financières représentent plus que ce dont nous parlons aujourd'hui. Plus jamais cela!

Dans les trois situations, le Rhône était prêt à déborder. En 2000, il a débordé sur une longueur de 100 mètres près de Chamoson. Mais pour le reste du canton, les bornes ont tenu, heureusement. Mais la situation était très critique: encore une ou deux heures de pluie, et le Rhône aurait aussi débordé entre Brigue et Viège; Viège et son industrie chimique Lonza auraient été sous les eaux. Les pertes financières se seraient élevées à des milliards de francs, sans parler des pertes écologiques et humaines. On a eu de la chance. Plus jamais cela!

Le canton et les communes en ont tiré les conséquences et ont corrigé les rivières latérales, telles que le Kelchbach à Naters, la Saltina à Brigue ou la Vispa à Viège. Mais maintenant, il s'agit d'augmenter le niveau de sécurité du Rhône lui-même. Grâce à la première étape de la correction du Rhône, la situation autour de Viège a pu être améliorée. Mais cela ne sert à rien tant que ce n'est pas tout le cours d'eau qui est assaini. Ces travaux presque pharaoniques ne peuvent pas être accomplis sans le soutien de la Confédération. La 3e[NB]correction du Rhône est le plus grand projet de protection contre les crues en Suisse. Au nom des Valaisannes et des Valaisans, mais aussi au nom des Vaudoises et des Vaudois, je suis très reconnaissant que ce projet ait reçu l'accord de la Confédération, qui va nous soutenir dans cette démarche.

Comme le Conseil fédéral propose un crédit d'ensemble extraordinaire de 1,022 milliard de francs, la Commission des finances de notre conseil a décidé de présenter un corapport. Le projet a été examiné durant la séance de la Commission des finances du Conseil national des 1er et 2 avril 2019. A l'unanimité, la commission vous propose d'approuver l'arrêté fédéral relatif au crédit d'ensemble pour la réalisation de la deuxième étape de la 3e[NB]correction du Rhône. Le coût total du projet de la 3e[NB]correction du Rhône est estimé à 3,6 milliards de francs. La deuxième étape, dont nous parlons aujourd'hui, porte sur des coûts imputables de 1,642 milliard de francs. La participation de la Confédération est de 1,022 milliard de francs. Ce montant fait l'objet du crédit d'ensemble extraordinaire qui nous est soumis aujourd'hui.

Le crédit est subdivisé en sept crédits d'engagement. Le premier, de 85 millions de francs, sera libéré avec la décision d'aujourd'hui, et les six autres seront approuvés ultérieurement par le Conseil fédéral. Les coûts annuels attendus pour la Confédération se montent à 51 millions de francs en moyenne. Il faudra s'attendre ces prochaines années à de fortes fluctuations des montants déboursés. Sur la base de la planification des travaux, les versements aux cantons oscilleront entre 15 millions de francs en 2020 et 75 millions de francs dans les années 2026 à 2031, pour ensuite diminuer jusqu'en 2039, à un niveau de 25 millions de francs.

Toutes ces dépenses iront à la charge du crédit d'investissement A236.0124, "Protection contre les crues", de l'OFEV, qui va augmenter, renchérissement inclus, de quelque 120 millions de francs à 200 millions de francs par année.

La commission est de l'avis que ces dépenses sont acceptables et a pris connaissance du rapport du Contrôle fédéral des finances. La commission a soulevé plusieurs questions par rapport à la gestion de cet important projet. Elle demande notamment une estimation des coûts réaliste, des clarifications concernant les coûts engendrés pour l'assainissement des sites contaminés, des estimations sur le rapport coûts-bénéfices pour les sous-projets également, et une optimisation de l'organisation au sein du canton du Valais et au niveau fédéral.

Dans ce contexte, il faut savoir que l'estimation des coûts a été faite sur la base d'un plan directeur global à l'échelle 1:10[NB]000, réalisé sur 160 kilomètres de cours d'eau. Seuls les dossiers de mise à l'enquête permettront d'affiner le projet, en collaboration avec les communes concernées, et de déterminer plus précisément les coûts imputables, y compris ceux pour l'assainissement des sites contaminés.

La commission a aussi posé des questions par rapport aux surfaces d'assolement, mais c'est un dossier qui est surtout traité dans notre commission soeur.

La Commission des finances, à l'unanimité, vous propose d'accepter cet arrêté.