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Chevalley Isabelle · Nationalrat · 2019-09-16

Chevalley Isabelle · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2019-09-16

Wortprotokoll

Voilà bien une initiative dont l'acceptation aurait des conséquences fatales pour notre économie! Elles seraient fatales pour plusieurs raisons. Tout d'abord, l'abrogation de l'Accord sur la libre circulation des personnes ferait tomber automatiquement tous les accords bilatéraux I. Cela ferait perdre de nombreux emplois à nos concitoyens. Rappelons que 60 pour cent des exportations des marchandises suisses sont destinées à l'Union européenne.

La deuxième raison, c'est que notre économie a besoin des étrangers pour fonctionner. Et cela, tout le monde peut le constater de ses propres yeux. Comment ferons-nous avec nos EMS, l'agriculture, le tourisme, le transport, la construction, les hôpitaux et bien d'autres secteurs qui emploient une grande part d'étrangers? Pensez-vous vraiment que nous trouverons assez de Suisses pour faire tous ces travaux? Lorsque l'on prétend défendre les agriculteurs, on ne fait pas ce genre de proposition absurde. Que feront-ils sans la main-d'oeuvre étrangère? Pensez-vous vraiment leur rendre service en attaquant l'Accord sur la libre circulation des personnes?

On ne peut pas d'un côté critiquer la bureaucratie et, de l'autre, faire des propositions qui engendreront forcément une hyper-bureaucratie. Réintroduire les contingents de travailleurs signifie beaucoup de chicaneries administratives pour les employeurs, dont les milieux paysans qui, me semble-t-il, ont déjà bien assez affaire avec la paperasse.

De plus, il ne faut pas faire croire n'importe quoi au peuple suisse. L'Accord sur la libre circulation des personnes n'accorde pas de droit de séjour inconditionnel. Pour rester en Suisse, les ressortissants de l'Union européenne doivent disposer d'un contrat de travail valable, ou exercer une activité indépendante. S'ils n'exercent aucune activité lucrative, ils doivent être en mesure de prouver qu'ils disposent de moyens financiers et d'une d'assurance-maladie suffisante. Donc, un ressortissant de l'Union européenne qui vient en Suisse le fait pour travailler et ne peut pas y venir juste pour profiter des assurances sociales. D'ailleurs, l'immigration [PAGE 1565] relevant de cet accord n'a pas entraîné de hausse du recours à l'aide sociale ni de détérioration des conditions du marché du travail.

Pour pouvoir donner la priorité aux résidents suisses, depuis le 1er juillet 2018, il est obligatoire d'annoncer les postes vacants dans les branches qui affichent un taux de chômage élevé. Cela permet aux chômeurs en Suisse d'être prioritaires sur les travailleurs étrangers.

L'immigration provenant de l'Union européenne n'est nécessaire que dans les cas où nos entreprises ne trouvent pas de travailleurs en Suisse. Rappelons aussi qu'il n'y a pas de libre circulation avec les pays hors de l'Union européenne et que cet accord ne concerne pas les demandeurs d'asile.

Les étrangers qui travaillent en Suisse méritent notre respect, car ils participent aussi à la richesse de notre pays.

Pour toutes ces raisons, le groupe vert'libéral s'opposera à cette initiative nuisible à notre économie et aux citoyens suisses.

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