Nordmann Roger · Nationalrat · 2019-09-16
Nordmann Roger · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2019-09-16
Wortprotokoll
Le parallèle entre le Brexit et l'initiative de résiliation lancée par l'UDC est frappant: c'est la même démarche et elle produit les mêmes effets.
Avec le Brexit, d'abord, il s'agit de quitter à tout prix le marché européen en prétendant qu'il sera ensuite possible de négocier des nouveaux rapports avec l'Union européenne, à la carte. Or, les "Tories", au pouvoir, n'ont même pas réussi à faire passer un accord transitoire pour régler le divorce, et l'on se trouve maintenant à quelques semaines d'une sortie brutale du Royaume-Uni de l'Union européenne. Rien n'est réglé, et tout montre que le dommage sera majeur. Il n'y a ni accord commercial, ni aucun autre accord d'envergure en vue avec l'Union européenne. Le Royaume-Uni se retrouvera plus isolé que jamais.
Avec l'initiative de résiliation, ensuite, il s'agit de faire tomber les sept premiers accords bilatéraux signés par la Suisse et, probablement, aussi les accords Schengen/Dublin, entraînés dans le naufrage. La démarche est exactement la même que pour le Brexit: dynamiter ce qui existe, au nom de promesses radieuses de lendemains qui chantent. Comment croire un seul instant qu'après la chute des accords bilatéraux, il sera possible de négocier des accords à la carte avec l'Union européenne en ne prenant que ce qui convient à la Suisse, et en écartant ce qui lui déplait?
Cette initiative de résiliation relève du charlatanisme. Elle présente le même degré de crédibilité que la promesse de Boris Johnson de verser 350 millions de livres sterling par semaine dans le système de santé britannique.
Cette initiative mérite d'être sèchement désapprouvée par notre Parlement qui, contrairement à Westminster, a le droit de débattre de la question avant la votation populaire, et qui ne se fera pas suspendre par un premier ministre autocrate.
Ne vous y trompez pas: c'est une initiative dangereuse. Elle s'inscrit dans le sillage de l'initiative populaire "contre l'immigration de masse", acceptée le 9 février 2014, mais aussi dans la logique autoritaire de la loi du plus fort, qui a conduit des personnalités comme Matteo Salvini, Donald Trump ou Jair Bolsonaro au pouvoir. Personne n'a pensé que ces gens pouvaient gagner, et ils ont gagné.
Cette initiative pose la question du positionnement de la Suisse. Voulons-nous être associés à une Union européenne solide, qui lutte contre le changement climatique, qui essaie d'accompagner le commerce de règles pour assurer la justice, qui se bat pour les droits fondamentaux? Ou voulons-nous nous inscrire dans le sillage des autocrates climatosceptiques, des isolationnistes, des aventuriers autoritaires et des hommes forts?
Avec cette initiative, l'UDC choisit définitivement son camp et cherche à entraîner notre pays dans son sillage. Mais il est encore temps de dire non.
La Suisse a besoin d'entretenir un rapport étroit avec l'Union européenne. Dans ce monde mis à feu et à sang par le président Trump, la Suisse doit garder les relations les plus étroites possible avec son grand voisin. Vous savez tous qu'il n'est pas facile de mettre en oeuvre et de rénover notre lien avec l'Union européenne, mais ce qui est sûr, c'est que ce n'est pas le moment de déstabiliser les fondements mêmes de notre relation avec l'Union européenne, dans notre intérêt et dans celui de l'Union européenne.
Die Kündigungs-Initiative will nichts anderes als einen Schweizer Brexit. Der einzige Unterschied liegt in der Geschwindigkeit. Im Falle des Brexit konnte die britische Regierung immerhin selber wählen, wann sie die Frist auslöste. Die Frist dauerte wegen der EU-Verträge zwei Jahre und ist bekanntlich verlängerbar. Für den Schweizer Brexit hat die SVP ein Expressverfahren vorgesehen, denn sie will eine Kündigungsfrist von einem Jahr, die sofort anfängt und die nicht verlängerbar ist, weil sie in der Schweizer Bundesverfassung verankert ist.
Unter Zeitdruck verhandelt man nicht gut. Die SVP wird nie müde, dies im Zusammenhang mit dem Rahmenabkommen zu unterstreichen - und prompt schlägt sie mit ihrer Kündigungs-Initiative vor, dass die Schweiz sich selber unter Zeitdruck setzt und in eine unmögliche Verhandlungssituation begibt. Schon das zeigt, dass hinter dieser Initiative ein fanatisches Gedankengut steht. Es geht nicht um die Interessen des Landes, sondern um populistische Schaumschlägerei à la Boris Johnson. Gerade die Erfahrung von Grossbritannien zeigt, wie schwierig und wie komplex diese Verhandlungen sind. Selbst ohne Zeitdruck wäre es mehr als fragwürdig, ob ein besserer Weg als die bilateralen Verträge entstehen würde. Aber es geht der SVP gar nicht darum, irgendetwas für das Land zu erreichen, es geht ihr nur um die elektorale Bewirtschaftung dieses Themas. Zum Glück gibt es einen Unterschied zu Grossbritannien: Die Schweizerinnen und Schweizer haben Erfahrung mit Volksabstimmungen und werden sich wohl nicht so einfach hereinlegen lassen.
Die Kündigungs-Initiative schadet den Interessen der Schweiz. Statt dass unser Land mit Europa konstruktiv verhandeln und ein unverkrampftes Verhältnis zu Europa entwickeln kann, das ihm auch erlauben würde, seine speziellen Bedürfnisse in Sachen Lohnschutz einzubringen, will uns die Kündigungs-Initiative ins Lager von Boris Johnson zwingen. Im Zeitalter des erstarkten Protektionismus und des Wiederaufflammens geopolitischer Spannungen sollten wir genau das Gegenteil der Kündigungs-Initiative erwägen, nämlich unsere Beziehungen zu Europa zu verbessern. Deshalb verdient diese Initiative eine wuchtige Ablehnung.