Polla Barbara · Nationalrat · 2002-09-25
Polla Barbara · Nationalrat · Genf · Liberale Fraktion · 2002-09-25
Wortprotokoll
Au nom du groupe libéral, j'aimerais commencer par rappeler ici une fois de plus le concept d'"Armée XXI": évolution et adaptation aux nouvelles menaces, vision utilitariste et moderne plutôt que conservatrice de l'armée, une armée qui reste néanmoins essentiellement une armée de milice, et cinq principes dont le plus important est probablement celui qui est discuté et disputé aujourd'hui [PAGE 1400] à l'article 6 de l'ordonnance, à savoir la modularité associée à la mobilité et à la souplesse. Il s'agit de pouvoir être là où le besoin se fait sentir en combinant selon les situations et les besoins les états-majors et les réserves de troupes afin de générer des Task Force qui soient toujours adéquates et efficaces. Il ne s'agit plus d'avoir un soldat, fût-il Romand, sur chaque montagne, mais réellement là où on en a besoin et quand on en a besoin.
L'ensemble du concept fermement soutenu par le groupe libéral voulait qu'un maximum de compétences soient accordées au Conseil fédéral, et plus particulièrement au DDPS, dans tous les aspects opérationnels et relatifs à l'organisation de l'armée. Certes, la proposition actuelle de la majorité de la commission du Conseil national est devenue, selon la tradition habituelle et finalement efficace de notre navette, un subtil compromis entre la réelle volonté de notre Conseil - qui aurait plutôt souhaité maintenir sa position en tout point - et celle du Conseil des Etats. Elle permet, malgré les entorses certes ennuyeuses que nous faisons au concept de base, de maintenir l'essentiel de la réorganisation. Elle devrait surtout permettre de satisfaire à peu près tout le monde plutôt que personne. Les conservateurs gardent un certain nombre de leurs bastions et les modernistes devraient pouvoir assurer l'évolution de l'armée.
Il est vrai qu'en principe, lorsqu'on adhère à un concept, on s'y tient, au titre de la cohérence, et on n'élabore pas tout un projet dans une certaine vision pour finalement le défaire et le fragmenter, ce que nous propose de façon réitérée le Conseil des Etats. Mais si "Armée XXI" est un modèle qui doit nous permettre de faire face à un certain nombre de situations nécessitant l'intervention de l'armée, par contre "Armée XXI" n'est pas une doctrine. Il nous faut donc être réalistes. Et l'objectif absolument prioritaire à ce stade est indéniablement de pouvoir enfin se mettre au travail, de mettre "Armée XXI" en place afin qu'il ne faille pas la rebaptiser "Armée 2010" ou "Armée XXII", ou que sais-je?
Il s'agit donc d'adopter ce projet. C'est vrai que nous faisons un maximum de concessions au Conseil des Etats, non sans souffrances il est vrai, en allant dans son sens pour dix des onze divergences qui nous opposent encore, sauf celle-ci. Ici, le compromis proposé par la commission est indispensable si nous ne voulons pas compromettre entièrement l'immense effort accompli par le DDPS d'une part, et nos Chambres d'autre part, et si nous voulons sortir enfin de ce que d'aucuns appellent "l'ère de glaciation", quitte, comme le soulignait Mme Haering, à revenir plus tard avec de nouvelles modifications et des réformes d'"Armée XXI". Finalement, "Armée XXI" doit être un processus dynamique, un processus que nous devons absolument mettre en route sans tarder.
C'est la raison pour laquelle le groupe libéral suivra la majorité de la commission. Il vous invite à en faire de même au titre de l'efficacité. Il vous remercie par avance de bien vouloir suivre cette sage recommandation.