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Fridez Pierre-Alain · Nationalrat · 2019-12-16

Fridez Pierre-Alain · Nationalrat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2019-12-16

Wortprotokoll

Ce débat est très intéressant; nous vivons de grands moments. Le sujet, c'est l'achat de nouveaux avions de combat pour un prix, entre nous, scandaleusement élevé - 6 milliards de francs - pour des avions trop sophistiqués pour nos besoins réels.

Mais ce qui reste dans le débat maintenant, c'est une histoire de gros sous: les affaires compensatoires. En commission, lors du débat sur la question, quelqu'un a utilisé le terme de "souk". On en est là, c'est passionnant! Tout le monde veut sa part de gâteau, sa part du festin: les milieux économiques, représentés ici surtout par le groupe libéral-radical, qui fera une proposition à 80 pour cent; diverses officines qui travaillent un petit peu pour nous expliquer à quel point c'est important de monter au maximum les affaires compensatoires; et maintenant les cantons.

Les chiffres sont clairs: dans le domaine des "offsets", 20 pour cent, c'est acceptable; c'est véritablement en rapport avec l'objet et cela donne aux industriels suisses les compétences pour le faire perdurer. Quarante pour cent supplémentaires, cela peut être en rapport avec de l'armement; c'est déjà un peu de l'arrosage, mais voilà, nous pouvons l'admettre. Le surplus, c'est de l'arrosage pur et simple, c'est un subventionnement peu transparent de l'industrie, qui est sans rapport avec la défense du pays.

Certains, à droite, sont prêts à détourner de l'argent prétendument destiné à la défense et à la sécurité du pays. Je m'explique: la somme maximum possible, c'est 6 milliards de francs. Si on veut s'offrir des "offsets", il faut les payer; si on veut dépenser de l'argent pour des "offsets" qui n'ont rien à voir avec un objet de sécurité, cet argent doit être pris sur cette manne, donc c'est autant qu'on n'aura pas pour la défense du pays. Car, quand on décide de prendre des "offsets", les prix au départ sont augmentés, et de l'argent est ainsi prévu pour l'arrosage, comme on l'a dit tout à l'heure.

Et, pire encore, on a entendu M. Addor, avant, qui nous a expliqué à quel point c'était important de monter au maximum les pourcentages d'"offsets", parce que l'arrosage pourra servir, indirectement ou directement, à acheter des voix, à solliciter l'industrie pour qu'elle se batte en faveur de ce projet, à faire en sorte que les gens, dans les régions romandes notamment, aient vraiment envie de ces avions, parce que cela va donner un petit peu de travail à quelques industries.

Les "offsets", c'est une hausse des coûts d'acquisition, c'est[NB]aussi un miroir aux alouettes. Lors de l'acquisition des F/A-18, en 2007, le Contrôle des finances avait dit que les "offsets" ne s'élevaient pas à 100 pour cent, mais à environ 50 pour cent.

En Suisse, on veut subventionner, aider, l'industrie d'armement. Notre industrie d'armement, il n'en reste que quelques vestiges. Tout le matériel militaire que l'on veut acheter vient véritablement de l'étranger. C'est un subventionnement sans contrôle.

L'idéal, selon le groupe socialiste, serait une part d'affaires compensatoires de zéro. Une part de 20 pour cent pourrait être admise. Mais nous sommes pragmatiques, nous avons fait une proposition qui autoriserait 60 pour cent, parce que c'est le jeu avec le Conseil des Etats. Je pense que, dans notre assemblée, aujourd'hui, il y a une majorité favorable à 60 pour cent. Ce n'est pas parfait, mais c'est mieux que le pire.