Dandrès Christian · Nationalrat · 2020-05-04
Dandrès Christian · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2020-05-04
Wortprotokoll
Le transport aérien revêt aujourd'hui un aspect stratégique pour de nombreux secteurs économiques ainsi que pour la position internationale de la Suisse. Je crois que cela a été suffisamment rappelé ce soir. Je voudrais préciser que, sans l'aéroport, les jours de la Genève internationale seraient sans doute comptés. Vous me permettrez donc une remarque en tant qu'élu genevois.
Le Conseil fédéral a considéré que l'aéroport de Genève allait pouvoir obtenir une desserte suffisante sans que les compagnies aériennes qui y travaillent ne bénéficient d'un quelconque soutien. Il faut cependant dire ici que si l'on considère Swiss comme une compagnie nationale, il faut que le Conseil fédéral conditionne l'octroi de son soutien au maintien de la desserte des lignes essentielles pour l'Arc lémanique et la Genève internationale. C'est un point absolument fondamental.
Cette parenthèse étant close, il ne fait aucun doute que la situation climatique et environnementale impose un transfert modal et que le rail doit pouvoir se substituer à l'aviation pour toutes les destinations qui le permettent. Il faut aussi rappeler, c'est ce que fera tout à l'heure ma collègue Barbara Gysi, que le secteur du trafic aérien se caractérise par une forme de précarité du travail, principalement dans les entreprises actives au sol. C'est un travail qui est dur, c'est un travail qui est mal payé, et qui est fait par un grand nombre de personnes au statut précaire - beaucoup d'auxiliaires. Il est en outre très difficile de vivre avec les revenus qu'offrent ces entreprises en Suisse, en particulier à Genève; en attestent les nombreux et fréquents conflits sociaux qui concernent principalement des questions de salaire.
C'est pour cela que le groupe socialiste n'a pas accueilli les mesures du Conseil fédéral avec beaucoup d'enthousiasme et qu'il pourrait les accepter à la condition unique que les aides accordées au secteur aérien soient conditionnées à des engagements environnementaux très sérieux et à des [PAGE 430] engagements sociaux en lien avec les conditions de travail et le maintien des postes. C'est l'objet de ma proposition de minorité.
Il faut que l'aide fédérale permette de passer le cap difficile de la crise du coronavirus et des mesures d'interdiction de la circulation aérienne qui en découlent. C'est du reste la logique qui sous-tend l'approche du Conseil fédéral, avec l'indemnisation de la réduction de l'horaire de travail ou avec les allocations pour perte de gain.
M. le conseiller fédéral Parmelin, dans le cadre des travaux de commission, a répété à l'envi que l'indemnité pour la réduction de l'horaire de travail ne pouvait être octroyée qu'à l'unique condition qu'elle permette le maintien des postes de travail et qu'elle évite des licenciements. Je crois qu'il doit en être de même pour les aides au secteur aérien. Il ne serait pas acceptable que la Confédération subventionne en quelque sorte des restructurations d'entreprises alors que ces entreprises pourraient aussi bénéficier du chômage technique.
Et c'est effectivement ce que propose ma minorité. C'est une obligation qui peut parfaitement être imposée aux compagnies aériennes qui, comme du reste l'a aussi rappelé l'administration dans le cadre des travaux en commission, si elles ne souhaitent pas accepter ces conditions, peuvent parfaitement refuser le soutien de la Confédération, personne ne les oblige à l'accepter. Mais ces conditions relèvent de l'intérêt public, et c'est la raison pour laquelle je vous invite à accepter cette minorité.