Polla Barbara · Nationalrat · 2002-10-03
Polla Barbara · Nationalrat · Genf · Liberale Fraktion · 2002-10-03
Wortprotokoll
Le Conseil fédéral propose une ouverture du marché progressive, contrôlée et légale dans le domaine des envois postaux. Le projet, auquel la Poste adhère, et nous aussi, est d'ouvrir le marché des colis à la concurrence à partir de 2004, donc d'abolir à ce moment le monopole pour les colis fixé actuellement à 2 kilogrammes. A compter de 2006, voire 2005 si nous suivons la proposition de minorité I (Theiler), la limite du monopole sera en outre abaissée à 100 grammes.
La Poste nous l'a dit, répété et affirmé ce matin encore, elle approuve expressément le choix d'une ouverture du marché progressive et modérée dans un projet qui est tout à fait raisonnable, réaliste et prudent. La Poste se dit convaincue qu'avec l'ouverture du marché telle qu'elle est proposée, elle pourra continuer à assurer un service universel de bonne qualité sur l'ensemble du territoire, ceci par ses propres moyens et sans subventions fédérales. La Poste nous dit encore que son unité colis est arrivée à un niveau de compétitivité telle qu'elle peut aborder sans difficultés l'ouverture complète de ce marché dès 2004. La Poste est prête à s'adapter aux réalités des pays qui nous entourent. Il n'y a donc aucune raison d'approuver les propositions de renvoi ni celles qui veulent ajourner toute nouvelle étape d'ouverture jusqu'en 2006.
Comme l'a très bien dit la rapporteuse, Mme Simoneschi, nous ne pouvons pas ignorer les réalités du monde qui nous entoure, car elles ne nous ignorent pas, et le projet du Conseil fédéral est dans cette voie moyenne - je ne le dis pas en latin comme Mme Simoneschi, mais c'est bien de la même voie dont il s'agit -, une voie que nous devrions tous pouvoir suivre: droit au centre. Ajourner toute nouvelle étape d'ouverture jusqu'en 2006 serait une sorte de moratoire, et, comme tous les moratoires, n'apporterait aucune vraie solution. Au contraire, et cela a été dit et redit par M. Leuenberger, conseiller fédéral, très engagé sur ce dossier et convaincu des indispensables bienfaits de l'ouverture du marché de la Poste, probablement plus qu'il ne l'était de ceux de l'ouverture du marché de l'électricité: soit la Poste s'adapte, d'une part, aux nouvelles technologies et à toutes les modifications des demandes des citoyens que ces nouvelles technologies entraînent et, d'autre part, à l'ouverture des marchés des pays qui nous entourent, soit elle meurt. Nous voulons que la Poste survive dans les meilleures conditions possible et nous soutenons sa direction qui procède aux adaptations indispensables pour atteindre les buts que nous lui avons fixés.
"Das ist nicht Blödsinn", quoi qu'en dise M. Hämmerle. Dans les faits, maintenir des structures obsolètes, un fonctionnement obsolète, parce que l'on veut surtout ne pas changer, alors qu'il ne répond plus aux besoins réels de l'immense majorité des clients actuels et, quoi qu'on en dise - comme en témoignent d'ailleurs les sondages effectués par la Poste -, simplement maintenir pour maintenir, par néoconservatisme socialiste, ce n'est pas cela, le vrai service public, ce n'est pas cela, protéger la Poste et protéger les gens: c'est juste mettre des barrières au développement harmonieux de nouvelles façons de faire et de servir, mieux adaptées au monde d'aujourd'hui.
Pour répondre vraiment aux besoins du public, c'est-à-dire des citoyens et non pas des politiciens, le service public doit pouvoir s'adapter. Figer les choses, ce n'est pas assurer le service public, c'est seulement le rendre plus difficile! Figer les choses, c'est démanteler le service public et sa qualité!
Le groupe libéral vous invite donc à rejeter les propositions de renvoi, à entrer en matière sur ce projet et à suivre ainsi la majorité de la commission et le Conseil fédéral.