AB 262483
Maillard Pierre-Yves · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2020-06-08
Wortprotokoll
Après ce débat d'entrée en matière, qui n'est pas le premier et qui ne sera sans doute pas le dernier que nous aurons sur la croissance des coûts de la santé, permettez-moi d'évoquer ici un petit souvenir personnel. C'était lors d'une de ces séances où les acteurs du domaine de la santé se réunissent pour discuter de l'évolution des coûts et de la manière de mieux les maîtriser. Vous aviez à cette séance des représentants des pharmas, des fournisseurs de prestations, des médecins, des spécialistes, des distributeurs d'équipements, des représentants des hôpitaux et, évidemment, des fabricants de toutes sortes d'équipements remboursés par la LAMal. Le sujet de la table ronde était; comment maîtriser le mieux les coûts de la santé? Invité à répondre à cette question, j'avais demandé que ceux qui avaient prévu pour l'année suivante une évolution du chiffre d'affaires inférieure ou égale à la hausse du coût de la vie lèvent la main. Ni les hôpitaux, ni les médecins, ni les spécialistes, ni les fabricants d'équipements, ni les pharmas n'avaient prévu une évolution du chiffre d'affaires inférieure ou égale à celle du coût de la vie! Chacun de ces milieux avait prévu une croissance de son chiffre d'affaires largement supérieure à l'évolution du coût de la vie.
Dans ces conditions, la somme de ces comportements qui consistent à fournir des prestations et à, si possible, augmenter son chiffre d'affaires, ne peut pas aboutir à des coûts de la santé maîtrisés. C'est la raison pour laquelle il est bien nécessaire qu'un acteur essaie un tout petit peu de maîtriser cette croissance des prestations, cette croissance des chiffres d'affaires, cette croissance des profits. Et cet acteur, dans le système que nous connaissons, cela ne peut être que l'Etat, l'Etat fédéral en l'occurrence, qui essaie ici d'obtenir un certain nombre de compétences ou, dans certains cas également, l'Etat à l'échelle cantonale.
Mais chaque fois que l'Etat essaie de proposer des régulations, de proposer des mesures de maîtrise des coûts, chacun des milieux essaie de s'y opposer. C'est ce que nous constatons dans la démarche initiée par le Conseil fédéral au sujet des mesures proposées par les experts. Nous voyons à quel point, dès la procédure de consultation, on a déjà une première réduction. Le Conseil fédéral, sachant à quelles difficultés il s'exposera, opère une première réduction. La commission en opère une seconde et, enfin, notre conseil essaie quand même d'en tirer quelque chose.
C'est un résumé assez fataliste, mais qui ne doit pas nous décourager. Nous avons ici quelques mesures qui vont dans le bon sens. Nous vous invitons à entrer en matière mais, encore une fois, nous devons être tous très conscients que, sans régulation par l'Etat fédéral ou par les cantons, il n'y a aucun espoir que l'évolution des coûts de la santé à la charge de l'assurance-maladie et à la charge des payeurs de primes puisse rejoindre peu ou prou l'évolution du coût de la vie. C'est la raison pour laquelle il faut entrer en matière et essayer - quand bien même c'est difficile - de progresser.