Lexipedia

Klopfenstein Broggini Delphine · Nationalrat · 2020-06-09

Klopfenstein Broggini Delphine · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2020-06-09

Wortprotokoll

Merci, Madame la présidente!

Le moment est attendu, c'est un moment de vérité. Alors que le climat a fait l'objet de nombreuses campagnes politiques, avec des promesses, avec des programmes, il s'agira aujourd'hui de passer de la parole aux actes. Nous arriverons peut-être à nous émanciper des clivages politiques et à répondre d'une seule voix à la question: comment relever le défi de l'urgence climatique? L'enjeu est de taille et ne répond pas seulement à une aspiration politique, mais bien à une urgence vitale.

Nous revenons de loin. Cette loi, après avoir été vidée de son contenu par l'ancienne majorité de notre conseil, en décembre 2018, refait enfin surface et amène, dans sa nouvelle mouture, un changement certain, un changement nécessaire. Loin d'être un pas de géant, cette révision totale de la loi sur le CO2 pose les jalons d'une politique climatique. Ce n'est pourtant ni l'unique outil, ni la réponse à tous les maux, encore moins un refuge ou un moyen de se donner bonne conscience. Divisée en quatre blocs, la loi dresse d'abord les objectifs de réduction d'émissions de CO2, aborde ensuite le parc de véhicules motorisés, la mobilité aérienne, avec un principe d'écobonus, développe un Fonds pour le climat et intègre un principe de finances durables.

Pour les Vertes et les Verts, c'est un cadre minimal et nécessaire, mais un cadre malheureusement encore insuffisant. Parce que la loi ne va ni assez loin ni assez vite, et parce qu'elle ne parvient pas, en l'état, à atteindre l'objectif de zéro émission nette à l'horizon 2050, nous avons déposé onze minorités. Nous vous invitons chaleureusement à suivre ces [PAGE 786] minorités, parce que chacune d'entre elles n'est que cohérence avec les engagements que nous avons pris à Paris. En été 2019, le Conseil fédéral annonçait que la Suisse visait la neutralité carbone à partir de 2050. Pour atteindre cet objectif, la Suisse devra réorienter ses activités, et la loi sur le CO2 représente un tournant important.

Actuellement, avec son train de vie, la Suisse se dirige vers un scénario mondial prévoyant une augmentation de la température de près de 6 degrés, ce qui aura des conséquences catastrophiques pour l'être humain et l'environnement. Certes, nous avons peu d'industries et délocalisons une grande part de notre impact, mais nous avons la responsabilité. Nous n'avons plus le choix, il faut agir. Sortir de la crise climatique, c'est aujourd'hui sortir de la crise du pétrole. La révision totale de la loi sur le CO2 nous donne l'opportunité de faire ce pas, de franchir un cap.

Nous avons essayé de panser les plaies ouvertes de la crise sanitaire, mais nous devrons tout autant soigner durablement notre société. Si nous sommes inquiets aujourd'hui pour nos aînés, premières victimes du coronavirus, alors nous devons être tout autant inquiets pour nos enfants, qui subiront de plein fouet la crise climatique.

Cet événement est fort utile aux enjeux climatiques. Nous devons tirer les leçons de la crise du coronavirus, qui a mis en évidence notre fragilité liée au manque de souveraineté et, également, l'importance d'anticiper. Nous devons générer des emplois en Suisse, assurer la sécurité de notre approvisionnement, plutôt que d'être dépendants du pétrole, du gaz ou du charbon étranger. Soyons prévoyants avant qu'il ne soit trop tard.

Cette loi, c'est un plus pour le climat. Cette loi, c'est un plus pour la santé de tout un chacun. Cette loi génère aussi des emplois et cette loi est sociale grâce à ses taxes incitatives. Nous vous invitons ici à accepter l'entrée en matière.