Matter Michel · Nationalrat · 2020-06-18
Matter Michel · Nationalrat · Genf · Grünliberale Fraktion · 2020-06-18
Wortprotokoll
Améliorer la conciliation de la vie professionnelle et de la vie familiale ainsi que l'égalité entre femmes et hommes afin de renforcer la résilience de la société et de l'économie semble être une évidence.
La crise sanitaire, sociale et économique que nous traversons est unique dans notre mémoire collective. Chacune et chacun a été touché, bousculé dans son quotidien, dans sa vie professionnelle ou privée, dans son rapport à l'autre et aux autres, dans sa place dans la société. Les équilibres ont été ébranlés, car, dans une crise, les réalités et les disparités sociales et sociétales apparaissent au grand jour, comme un cri. Les inégalités sont devenues soudainement plus visibles. Les injustices aussi. Nous devons veiller à ne pas aggraver les inégalités et la précarité existantes.
Les femmes ont porté un lourd fardeau dans cette crise. En première ligne dès les premières heures de la pandémie, elles se sont montrées généreuses, fortes - très fortes - et solidaires. Qu'elles soient caissières, vendeuses, infirmières, aides-soignantes, enseignantes, où dans tout métier qui oblige de se retrouver au contact direct des autres, sans recours possible au télétravail pour beaucoup, elles auront su par leur activité professionnelle et leur détermination répondre à l'impensable, répondre à l'extraordinaire. Merci à elles. Et sachons valoriser ces professions et les protéger au cours des prochains mois et des prochaines années. Parfois, la mémoire est courte et les bonnes intentions ne se concrétisent pas.
Au contact direct de l'extraordinaire, ces femmes ont su répondre à l'ordinaire de la vie, à toutes ces tâches du quotidien qu'elles assument à longueur d'année. Des journées sans fin entre le travail et la maison, entre le dévouement aux autres et le dévouement aux proches, entre l'extérieur du foyer où le risque de contamination est élevé, où il a fallu se protéger pour pouvoir rentrer chez soi sans mettre en danger les siens et aider celles et ceux qu'elles aiment et chérissent.
Les familles ont particulièrement été exposées en raison de la fermeture des crèches, des écoles, et de la rupture du lien intergénérationnel. La conciliation de la vie professionnelle et de la vie familiale est une nécessité économique. Les Vert'libéraux sont favorables à l'imposition individuelle, qui est une solution qui valorise le second revenu et une incitation à rechercher un second revenu.
En tant que médecin, j'exerce une profession qui se féminise de plus en plus. Le nombre d'étudiantes est largement supérieur à celui des étudiants. Pour occuper les postes d'internes, les femmes sont nettement plus nombreuses que leurs collègues masculins. Cette tendance se généralise partout en Europe. Par contre, le nombre de femmes médecins-cadres dans les hôpitaux est désespérément insuffisant. Nous travaillons à améliorer cela, à corriger les injustices et à tendre vers plus d'égalité dans l'accès aux postes à responsabilité et donc aussi en termes salariaux. On l'a vu, pendant la crise, les états-majors étaient surtout et principalement masculins; les décideurs étaient sur le devant de la scène. La représentativité était loin d'une égalité souvent soutenue verbalement mais peu présente dans les faits.
Le 14 juin 2019, une vague violette porteuse d'espoir, au nom d'une égalité légitime, a déferlé sur la Suisse et a eu un formidable écho national et international. Sachons faire avancer notre pays vers une société ouverte où la notion d'égalité est réelle. C'est le sens de notre interpellation urgente 20.3487.
Pour les Vert'libéraux, il est temps d'avoir plus de places d'accueil extrafamilial pour les enfants; une imposition individuelle pour inciter à rechercher un second revenu et à valoriser celui-ci; un soutien financier fort et des actes concrets pour réduire les inégalités et la précarité qui frappent de trop nombreuses femmes dans notre pays; une représentativité équilibrée dans les organes de décision.
Au cours de la présente session, ma collègue Melanie Mettler et l'intergroupe parlementaire "Femmes" ont traité avec des experts du suivi de l'égalité entre les sexes durant la crise causée par le coronavirus et du développement économique qui en découle - une avancée correspondante est en préparation.
Je terminerai par un clin d'oeil: nous avons reçu une vraie leçon de la part de l'Académie française, qui a précisé en pleine pandémie qu'il faut dire, auf Französisch, "la" Covid-19 et non "le" Covid-19.