Chevalley Isabelle · Nationalrat · 2020-09-08
Chevalley Isabelle · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2020-09-08
Wortprotokoll
Le message FRI prévoit des dépenses pour les années 2021-2024 pour environ 28 milliards de francs. La croissance des dépenses se monte à 2,2 pour cent. Ce message comprend des priorités thématiques, comme la formation de personnel qualifié pour l'économie et le marché du travail ou la transition numérique qui permettra, par exemple, de dispenser une médecine personnalisée.
La crise du Covid-19 a démontré l'importance pour notre système de santé de pouvoir disposer de personnel médical et infirmier, et c'est le rôle de nos hautes écoles et hôpitaux universitaires de les former.
Cette crise démontre aussi l'importance de soutenir la formation continue. De nombreuses personnes devront changer de métier. Nous devons leur permettre de se former dans une activité qui réponde aux besoins de notre économie et ainsi leur permettre de conserver un emploi stable et durable.
Nos hautes écoles et organisations d'encouragement de la recherche et de l'innovation soutiennent également la mise en oeuvre des objectifs de développement durable des Nations Unies à travers des thématiques comme la protection du climat et l'utilisation durable des énergies et des ressources.
Les milieux de la recherche suisse ont pu réagir très rapidement aux conséquences de la crise du Covid-19 grâce aux investissements consentis depuis des décennies dans l'innovation, car notre pays ne contient, je vous le rappelle, pas d'autre matière première que la matière grise. Aujourd'hui, nous constatons que c'est de l'argent qui a été bien investi. Nous devons continuer d'investir de manière importante dans ce secteur porteur pour notre économie dans le but de répondre aux besoins de notre société. Opérer des coupes reviendrait à saborder ce travail de longue haleine. Confucius disait: "Celui dont l'esprit ne voit pas loin verra les ennuis de près." Cette citation est d'autant plus vraie lorsque l'on parle de formation et de recherche. Les résultats se voient à moyen et à long terme, voire à très long terme.
Cela me fait penser à un mathématicien du XIXe siècle, Joseph Fourier, qui avait découvert comment transformer des fonctions mathématiques pour les analyser facilement. On appelle cela aujourd'hui la transformée de Fourier. A priori, cela n'avait pas beaucoup d'application, mais c'était une technique élégante, ce que certains trouvaient déjà magnifique. Mais 150 ans plus tard, nous devons admettre que sans cet instrument mathématique qu'est la transformée de Fourier nous n'aurions jamais eu d'imagerie par résonance magnétique nucléaire, plus connue sous le nom d'IRM. La transformée de Fourier a sans doute été utilisée dans presque toutes les images médicales que vous avez pu voir dans votre vie et a sauvé des millions de vie.
Dans ce message FRI, il est également réjouissant de constater que le Conseil fédéral soutient la participation de la Suisse aux programmes de formation et de recherche de l'Union européenne.
Cette participation est un facteur de succès important pour la place scientifique suisse, car elle permet à nos chercheurs de collaborer avec des équipes de tout l'espace européen et de pouvoir rivaliser ainsi avec les meilleurs du monde.
Mais un nuage noir plane sur cette collaboration, puisque cette participation dépend directement du paquet des Bilatérales I et que, en cas d'acceptation de l'initiative de limitation le 27 septembre prochain, la clause guillotine mettrait fin aux sept accords sectoriels, dont celui sur la recherche. Cela porterait un coup important à la dynamique de la place scientifique suisse.
L'incertitude sur le niveau de participation de la Suisse au programme européen ne doit pas être un prétexte pour bloquer les crédits. Comme vous l'ont expliqué les rapporteurs, le blocage des crédits introduit par le Conseil fédéral pose des problèmes de sécurité de financement pour les hautes écoles et les organisations d'encouragement de la recherche et de l'innovation.
C'est pourquoi le groupe vert'libéral s'opposera au blocage de ces 312 millions de francs et soutiendra la majorité de la Commission de la science, de l'éducation et de la culture et la majorité de la Commission des finances, ainsi que la décision du Conseil des Etats.