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Page Pierre-André · Nationalrat · 2020-09-14

Page Pierre-André · Nationalrat · Freiburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2020-09-14

Wortprotokoll

Le fond et la forme: voilà sur quoi portera mon intervention, ou plus exactement le rapport du groupe UDC à propos du programme de la législature 2019-2023, rapport que j'ai donc le plaisir de vous présenter.

La forme tout d'abord. Disons-le d'emblée, il est juste que notre Parlement prenne connaissance du programme de la législature du Conseil fédéral. Premiers et directs représentants de nos concitoyennes et concitoyens, il est primordial que nous puissions ainsi donner une ligne à suivre au travers d'un programme de la législature. Il en va des grandes orientations, des lignes directrices pour les activités de notre gouvernement et donc de l'ensemble de notre pays.

Sauf que la procédure actuellement en place est lourde. Cette procédure ne sert pas à grand-chose, voire à rien. Nous débattons présentement de ce programme, de cette vision du Conseil fédéral pour les années à venir. Le Conseil des Etats a déjà effectué le même travail - nous sommes le second conseil. De nombreuses propositions sont déjà déposées. Cette procédure devrait être modifiée, de nombreuses initiatives parlementaires ont déjà été déposées en ce sens. Et pour avoir participé à plusieurs séances de commissions qui traitaient de ce problème, je suis convaincu de la nécessité de ce changement.

Dans quelle direction doit donc aller cette correction de forme? Nous avons, nous parlementaires, tous les outils nécessaires qui nous permettent tout à la fois de sensibiliser le Conseil fédéral, de l'obliger à traiter de telle ou telle question, d'effectuer telle ou telle tâche. Nous[NB]éviterions[NB]ainsi[NB]de[NB]perdre[NB]des heures et des jours pour un travail pas très utile; le temps de notre Parlement est si précieux.

Vous allez me dire que je devrais alors terminer mon intervention. Mais laissez-moi juste le temps de relever l'exemple que nous vivons aujourd'hui, un exemple intéressant. Nous sommes à la mi-septembre 2020. Le programme de la législature 2019-2023 devrait être adopté durant cette session d'automne encore. Mais notre législature est déjà bien trop avancée pour que ce programme dont nous débattons et sur lequel nous déposons des propositions de corrections, d'adjonctions, de modifications, ait un impact sur la stratégie de notre Conseil fédéral. En résumé, sur la forme, il nous semble préférable que nous puissions utiliser nos outils parlementaires plutôt que de modifier, par à coup, ce programme. Voilà pour nos remarques quant à la forme.

Attaquons maintenant le fond. Selon la procédure actuellement en vigueur, le fond, ce sont nos finances. Le groupe UDC entend rendre le Conseil fédéral attentif à la situation financière de notre pays.

Les dépenses, énormes, acceptées ces derniers mois mettent en danger l'équilibre de nos finances fédérales. Certes, ces dépenses étaient nécessaires pour faire face[NB]à[NB]la[NB]soudaineté et à la gravité de la crise sanitaire du Covid-19. A cette situation extraordinaire, notre gouvernement a répondu par des dépenses extraordinaires, pour lesquelles nous avons apporté notre soutien. Mais il est plus que jamais indispensable de retrouver, rapidement, un budget équilibré. Nous devons donc éviter de toujours lever le frein à l'endettement. Le Conseil fédéral pense qu'il sera en mesure d'absorber tous ces coûts budgétaires, toutes ces dépenses supplémentaires sans - sans! - augmenter les impôts. Je ne sais pas quel dieu grec ou romain il faut invoquer, mais enfin, pas d'augmentation d'impôts, que les cieux entendent notre gouvernement fédéral!

En attendant, le groupe UDC continuera à se battre afin, d'une part, d'éviter ce danger d'une augmentation d'impôts et, d'autre part, de diminuer au maximum les dépenses que nous jugeons exagérées: les dépenses supplémentaires non prioritaires. Ce principe d'action rappelé, il faut souligner que notre groupe a étudié ce programme de la législature dans le détail.

Nous déposerons plusieurs propositions d'amendement. Mes collègues les développeront au cours du débat. La situation financière de notre pays est, et reste, préoccupante. Mais malgré cette profonde inquiétude, c'est bien la sécurité de notre pays qui reste la priorité numéro un. La sécurité de notre pays, c'est une armée moderne, bien organisée et bien équipée. C'est aussi aller de l'avant dans le domaine de la cybersécurité - un domaine où nous enregistrons un certain retard. La sécurité, c'est encore la sécurité de nos infrastructures, qu'elles soient routières, ferroviaires, énergétiques. A titre personnel, je demande également à la Confédération de se pencher avec grande attention sur les conséquences humaines et économiques que pourrait avoir un éventuel tremblement de terre dans notre pays. C'est un danger latent, peut-être même imminent, qui est insuffisamment pris en compte dans ce programme. La sécurité est également celle de notre population. Nous avons ainsi soutenu une proposition qui demande une meilleure sécurité pour les femmes et vise à lutter contre la violence domestique dans notre pays grâce à l'"adoption d'un plan d'action national pour la réduction de la violence envers les femmes et de la violence domestique de 50 pour cent en quatre ans", une démarche qui pourrait aussi nous aider à expulser les criminels auteurs de violences.

La sécurité passe aussi par une agriculture productrice permettant d'augmenter notre taux d'auto-approvisionnement. Nous sommes favorables à la biodiversité, mais il faut, dans le même temps, assurer une agriculture productrice professionnelle en Suisse. A l'instar de la Commission des finances, nous soutenons, bien évidemment, un renforcement de la recherche agronomique. [PAGE 1445]

Comme pour l'auto-approvisionnement dans l'agriculture, qui est capital, nous nous devons de conserver notre indépendance énergétique; cela passe par une production indigène la plus élevée possible.

Autre domaine, celui du chiffre 6 du message sur le programme de la législature 2019 à 2023, le personnel. La charge en personnel doit être réduite. Les nouvelles méthodes de travail doivent être soigneusement examinées et introduites de manière pertinente. Le programme de la législature 2019-2023 mentionne des augmentations prévues dans le domaine du personnel. Mais aucune mesure n'est proposée pour tenter de diminuer le personnel de secteurs par ailleurs parfois trop bien servis! Nous demandons des analyses rigoureuses et honnêtes, et surtout des mesures très concrètes pour éviter ces augmentations exagérées en personnel.

Autre chapitre, celui sur la formation. Notre pays a fort bien réussi avec la formation duale. Notre système d'apprentissage est reconnu dans le monde entier; oui, très bien. Mais nous avons l'impression que nous nous endormons sur nos lauriers. Ce système de formation a fait ses preuves, nous devons poursuivre dans cette ligne. Nous ne pouvons pas former uniquement des étudiants, aussi qualifiés fussent-ils.

Voilà donc quelques éléments qui ressortent de nos discussions relatives au programme de la législature. Mes collègues vous présenteront et vous expliqueront leurs amendements. Ils vous diront aussi pourquoi il est impératif que notre pays conserve un fort statut d'indépendance au coeur de cette Europe tourmentée.

Encore un mot quant à la demande de renvoi du projet de notre collègue Ryser: nous la combattons. Je l'ai déjà dit, nous débattons du programme de la législature. Le Conseil fédéral nous a fait part de nombreuses mesures touchant au climat; il s'agit de ne pas charger encore davantage un bateau qui risque de couler. Il nous apparaît donc inutile d'en rajouter. Ce sera non à cette proposition de renvoi.