Page Pierre-André · Nationalrat · 2020-09-24
Page Pierre-André · Nationalrat · Freiburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2020-09-24
Wortprotokoll
Mon intervention se concentrera sur les PME. Les PME sont le fondement de l'économie de notre pays. Elles forment, ensemble, un tissu fort, performant, efficient. Ces phrases sentent bon une campagne électorale, peut-être. N'empêche que ces mots traduisent bel et bien la réalité économique suisse. Les PME, les petites et moyennes entreprises: en réalité, trois lettres pour dire combien elles sont Pressées, Minorisées, Effeuillées.
Les PME de notre pays sont aujourd'hui pressées de partout: contraintes administratives lourdes, imposition fiscale élevée. Elles sont minorisées, oubliées lorsqu'il s'agit de les aider, de les soutenir. Elles sont effeuillées, dégarnies de leurs forces, de leurs atouts. Bref, elles sont à la peine et vous voudriez soutenir une initiative qui n'aurait d'autre résultat que de les presser encore davantage, de les exclure du monde économique, de leur enlever leur compétitivité. Je dis donc non et m'oppose à cette "initiative 99 pour cent".
Imposer les revenus du capital plus lourdement qu'ils ne le sont déjà revient, pour bon nombre de PME, d'entreprises familiales, à demander aux entrepreneurs de puiser dans les ressources de l'entreprise pour pouvoir régler l'impôt sur la fortune, alors qu'ils ont déjà payé l'impôt sur le revenu de l'entreprise. Accepter cette "initiative 99 pour cent" revient à priver les entrepreneurs de ressources financières qui leur permettraient d'investir, d'innover, en un mot de créer de nouveaux emplois. Vous coupez les ailes du développement, les ailes de l'incitation à activer, à dynamiser les activités entrepreneuriales dans notre pays.
Nous venons de subir de plein fouet une crise sanitaire qui s'est doublée d'une crise sociale et économique dont nous ne sommes pas encore sortis, et de loin. Alors veillons à ne pas nuire davantage à notre place économique. Car en acceptant cette "initiative 99 pour cent", nous courons le risque de décourager les investisseurs étrangers à venir en Suisse, respectivement, nous courons le risque de voir les investisseurs suisses s'en aller à l'étranger pour y déposer et y faire fructifier leurs capitaux. Ce n'est vraiment pas le bon moment.
Encore un point: les mesures suggérées par cette "initiative 99 pour cent" marchent des deux pieds sur l'autonomie fiscale des cantons. Sans qu'ils aient un mot à dire! Guère pensable chez nous. Je ne m'arrêterai pas sur quelques autres détails techniques, qui témoignent de la légèreté et des inexactitudes des initiants. Je dis non à cette "initiative 99 pour cent" et à son contre-projet, parce que je crois à nos PME, à nos petites et moyennes entreprises, à leur dynamisme et à leur créativité. Et je veux que nos PME restent, sans cette initiative, performantes, modernes et efficientes, finalement, pour le bien commun de notre pays. Nous ne voulons plus créer de nouvelles taxes et de nouveaux impôts.