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Parmelin Guy · Bundesrat · 2020-12-02

Parmelin Guy · Bundesrat · Waadt · 2020-12-02

Wortprotokoll

On est dans un débat entre Vaudois, mais cela ne fait rien, je pense que cela intéresse l'ensemble du pays.

J'en profite pour donner à Mme Thorens Goumaz juste encore une réponse que j'ai oublié de lui donner. M. Français vient d'évoquer les actuels 18[NB]000 hectares de surface de culture de betterave en Suisse. Et si on parle de betterave bio, il faut bien voir qu'actuellement, il y en a 100 hectares. Cela montre la difficulté d'arriver à une solution. En outre, sur ces 100 hectares, quand il n'y a pas d'autre problème, c'est 50 pour cent de rendement en moins. Il faut bien voir la difficulté de cette culture avec des méthodes alternatives, avec des sélections nouvelles qui prennent du temps. Peut-être qu'on arrivera à aller de l'avant et à résoudre une partie du problème, mais je crois qu'il ne faut pas non plus croire au père Noël. L'expression est peut-être un peu forte, mais la culture bio va prendre énormément de temps à se développer, si on veut arriver à des rendements à peu près corrects, sans que cela nécessite un soutien par les pouvoirs publics, avec des milliers de francs. Je crois qu'il fallait aussi le dire.

Monsieur Français, je comprends un peu votre frustration, finalement. J'aurais bien aimé vous apporter aujourd'hui la "solution clés en main" en vous disant: "Voilà, on a résolu le problème, il suffit d'utiliser ceci." Dans le cas de la betterave, il y a aussi une concurrence très forte depuis que le marché s'est libéralisé sur le plan international. Avec les décisions prises par différents pays, c'est vrai qu'il risque d'y avoir, si ce n'est une certaine distorsion de concurrence, du moins un traitement différencié en fonction du pays de provenance du sucre, ou s'il a été produit à nouveau avec le Gaucho, ou sans le Gaucho. La seule chose qu'on peut faire, et c'est ce que font maintenant tous les intervenants, à tous les niveaux, soit la recherche, Agroscope, l'Institut de recherche de l'agriculture biologique FiBL, c'est de chercher des solutions pour permettre aux producteurs, finalement, de passer cette phase extrêmement difficile. L'extension d'homologation de ces deux insecticides - ils sont déjà autorisés dans notre pays - doit permettre d'éviter les pertes énormes qui ont eu lieu cette dernière année. Mais le but, c'est de trouver des solutions le plus vite possible.

Je rappelle que ceux qui demandaient la réhomologation du Gaucho parlaient de trois ans pour trouver une autre solution. Je ne suis pas persuadé, comme praticien, qu'on arrive en trois ans à résoudre tout le problème. Mais il faut espérer qu'avec la recherche, avec les moyens dont on dispose, on arrive à aller beaucoup plus vite vers une solution qui donne une perspective aux producteurs.

J'ai pu aussi entendre, de la part de certains producteurs, et c'est faux, qu'ils devraient traiter cinq ou six fois par année. Avec les produits qui viennent d'obtenir une extension d'homologation, ce n'est pas la même chose qu'avec les produits qui existent actuellement sur le marché, dont certains sont nettement moins efficaces ou font peut-être face à des débuts de résistance.

Donc, la seule chose que nous pouvons faire actuellement, c'est soit adapter encore le soutien - mais cela demande des moyens financiers par le biais de paiements directs à un certain niveau; cela, c'est la question du budget fédéral, c'est la question de base de la politique agricole -, soit mettre à disposition dans la phase actuelle ces deux produits qui [PAGE 1154] permettent, en cas d'attaque, d'éviter, d'après les spécialistes, des dégâts tels que ceux enregistrés cette année. Et puis, une fois que les moyens auront permis de trouver une variété nouvelle, tolérante à ceci, vous n'aurez pas encore résolu l'aspect intensité de la production, car avec la betterave, il y a aussi d'autres maladies et d'autres problèmes. C'est un "paquet global" qu'il s'agirait de trouver et de développer. C'est beaucoup plus difficile de cultiver de la betterave que des céréales, par exemple. Ces dernières peuvent encore s'adapter à différentes régions, différents climats. Vous n'avez pas les mêmes maladies dans une région comme la plaine de la Broye, si on prend le canton de Vaud, ou sur l'Arc lémanique, où c'est beaucoup plus sec - on utilise d'autres variétés. Voilà ce qu'on peut dire.

Je peux comprendre la frustration. La seule chose que nous faisons, c'est d'essayer de mettre les moyens à disposition de la recherche et de faire en sorte que tout le monde tire à la même corde pour tâcher de trouver des solutions. La rentabilité des sucreries, vous aurez l'occasion d'en discuter, Monsieur Français, puisqu'il y a une initiative parlementaire au Conseil national, dont le projet de mise en oeuvre, sauf erreur, est actuellement en consultation (15.479). Et le moment venu, vous aurez l'occasion de faire ce débat ici même.