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Brélaz Daniel · Nationalrat · 2020-12-03

Brélaz Daniel · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2020-12-03

Wortprotokoll

Nous nous trouvons ici face à des choix assez cardinaux: est-ce que nous voulons essayer d'anticiper un avenir auquel nous savons, pour certains, être condamnés, et dont d'autres se réjouissent qu'il arrive? Ou bien est-ce que nous voulons rester le pied sur le frein le plus longtemps possible, pour que les technologies environnementales se développent le moins vite possible et qu'ensuite on s'étonne que la Suisse ait beaucoup de retard?

En ce qui concerne mes deux propositions de minorité, j'ai déjà développé ma position, je n'y reviens pas. En ce qui concerne ma proposition qui a trouvé une petite majorité de 13 voix contre 12 en Commission des finances, je voudrais être davantage insistant.

Dans ce domaine, à savoir celui du transfert des technologies environnementales à la société dans son ensemble, le crédit-cadre n'a pas été modifié depuis 20 ans. Aujourd'hui, nous nous trouvons dans une situation dramatique. Pour l'année prochaine, 90 pour cent du crédit actuel est déjà engagé pour des projets acceptés. Cela signifie que si nous ne changeons pas l'enveloppe, presque aucun projet ne pourra être accepté.

Or, ce sont des projets très importants qui sont financés grâce à ce crédit. Je vous donne quelques exemples. Nous avons pu favoriser, grâce à ce fond, le recyclage des batteries au lithium dans le domaine de l'électromobilité, la filtration des eaux de lavage des appareils d'épandage de pesticides de l'agriculture - ce qui résout une partie des problèmes, mais on peut aussi ne pas avoir envie de les résoudre -, le développement d'un filtre pour l'élimination combinée des [PAGE 2233] poussières fines et des virus pour l'usage des transports publics et des bâtiments - tiens, cela aussi, cela devrait avoir de l'importance! -, et puis notamment encore le captage du CO2 des gaz d'échappement des camions - il s'agit aussi d'une technologie d'avenir - et le développement de l'élimination quasi complète des polluants issus des cimenteries.

Garde-t-on alors le pied au plancher pour ne surtout pas aider qui que ce soit, en décidant qu'ils n'ont qu'à se débrouiller tout seul, que c'est très bien comme cela et qu'on attendra la loi sur le CO2 - c'est-à-dire au moins une année - pour avoir des moyens? Je pense, et mon groupe aussi, que ce serait une grave erreur. Je vous demande donc de soutenir la majorité de la commission, même si la décision tenait à très peu de chose.

En ce qui concerne les autres domaines, je voudrais bien sûr vous dire que nous nous étonnons beaucoup de la minorité Nicolet, qui veut simplement supprimer tout moyen supplémentaire - c'est une logique très UDC - en matière de biodiversité. Heureusement, à une large majorité, la commission n'a pas suivi l'auteur de la proposition. Ces besoins ont déjà été acceptés par notre conseil en décembre 2019, et, comme prévu, il y a une large entente entre la Confédération et les cantons - qui paient 50 pour cent - pour dire qu'il faut plus de moyens. Je vous rappelle également qu'une des principales hypothèses sur le coronavirus est la perte de biodiversité dans certaines régions du monde. Peut-être cela n'a-t-il de nouveau aucune importance pour ceux qui pensent que seul le passé consolidé a de l'importance.

Enfin, en ce qui concerne la proposition de la minorité Gschwind, nous sommes un peu étonnés. On nous disait d'abord, lorsque l'on a traité le bloc précédent, qu'il fallait refuser[NB]tout[NB]moyen supplémentaire, car la demande n'était pas inscrite au bon endroit et qu'elle aurait dû l'être à l'Office fédéral de l'environnement. Et quand elle l'est, à l'OFEV, on nous dit qu'il faut la refuser, car finalement cela ne sert à rien, qu'il y a bien assez d'argent. Quelque part, nous avons l'impression d'un refus vexé parce que le peuple a osé dire autre chose que ceux qui se sont exprimés ici. Nous vous recommandons là aussi de suivre la majorité de la commission.