Cuche Fernand · Nationalrat · 2002-11-27
Cuche Fernand · Nationalrat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2002-11-27
Wortprotokoll
J'ai écouté très attentivement les déclarations de M. Pfister Theophil et j'interviens au sujet des deux positions où il y a une proposition de minorité.
Monsieur Pfister, vous pensez que, du point de vue de la ventilation des dépenses dans le budget, la promotion de la paix devrait plutôt trouver sa place au Département fédéral des affaires étrangères. Je ne sais pas si une proposition a été faite dans ce sens; à ma connaissance, non. Je regrette que vous ne soyez pas allé jusqu'au bout de votre raisonnement.
Vous regrettez la diminution du budget militaire, mais je crois qu'il y a quand même une majorité qui s'est très clairement manifestée dans ce plénum pour dire qu'on avait une armée suréquipée non seulement en matériel mais aussi en effectifs, et pour la réduire très progressivement. Mais par ailleurs, sur le plan international, on ne peut pas dire que le monde s'est apaisé de façon spectaculaire, qu'il y a moins de conflits et qu'il y aurait moins de raisons d'intervenir pour prévenir les conflits.
Lors du débat au soir du dernier week-end de votations, M. Fattebert déclarait au nom de l'UDC qu'il fallait prévenir un certain nombre de conflits qui provoquent des arrivées importantes de réfugiés de la guerre. Eh bien, on ne trouve pas de proposition du groupe de l'Union démocratique du centre [PAGE 1804] pour investir davantage dans les mesures de prévention. Où est la logique? Je tiens à rappeler ici aussi qu'au niveau de la diplomatie suisse et de l'image de la Suisse à l'étranger, sous le règne de M. Ogi et ensuite de son successeur, M. Schmid, la Suisse a pris une place importante notamment en matière de lutte contre les mines antipersonnel et a fait signer par les pays la Convention sur l'interdiction de l'emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction. Cela a été une percée diplomatique extrêmement importante, crédible pour notre diplomatie. Si dans un certain nombre de régions du globe on peut sécuriser un terrain, accéder à la production et à l'eau, avoir un réseau minimal de routes de façon que les gens ne soient pas victimes de l'explosion de mines antipersonnel, c'est aussi un travail de préparation qui aide au retour des requérants d'asile que vous estimez toujours trop nombreux dans notre pays.
En conclusion, il est logique, et une majorité s'est exprimée ainsi, de dire que l'armée est surdimensionnée. Je pense que nous sommes aussi une majorité pour dire que le monde ne va guère mieux ces dernières années. Il est donc important de maintenir ce que la majorité de la commission propose, soit quelque 90 millions de francs pour des mesures de prévention, de réparation, en faveur de la diplomatie active pour prévenir les conflits. Il est important de maintenir cela pour la sécurité de la Suisse, pour le renom de celle-ci, pour le bien-être de nos citoyens et des générations à venir, comme il sera vraisemblablement nécessaire d'investir davantage dans les années qui viennent.