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Roduit Benjamin · Nationalrat · 2021-05-05

Roduit Benjamin · Nationalrat · Wallis · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP. · 2021-05-05

Wortprotokoll

Pour le développement de cette deuxième motion, je citerai directement cinq arguments spécifiques en faveur de la consommation de fruits et de légumes.

1.[NB]Pour des raisons de santé. Une étude de l'Université de Zurich publiée le 16 mars dernier - donc récemment - démontre clairement les liens entre une alimentation peu équilibrée et l'obésité. En 2017, parmi les enfants et les adolescents de 6 [PAGE 882] à 12 ans, ceux qui étaient en surpoids représentaient 12 pour cent et ceux qui étaient obèses 3 pour cent. Relevons aussi l'effet protecteur des fruits et légumes contre les maladies chroniques et non transmissibles, comme les maladies cardiovasculaires, le diabète sucré de type 2, certaines formes de cancer et de maladies musculo-squelettiques.

De plus, la consommation de produits locaux, forcément frais, procure plus de vitamines, de polyphénols et de substances utiles à la santé.

2.[NB]Pour des raisons environnementales. Il est évident que les fruits cueillis avant maturité qui ont voyagé ont un impact écologique plus important. N'oublions pas, comme cela a été évoqué pour l'eau, les normes strictes appliquées en Suisse dans la production de fruits et légumes, et qui peuvent encore être améliorées. Cela figure d'ailleurs au coeur des débats des prochaines votations fédérales.

3.[NB]Pour des raisons économiques. Pendant la pandémie de Covid-19, la tendance était à la consommation locale. Il s'agit de surfer sur cet intérêt croissant de la population pour les produits de proximité.

4.[NB]Pour des raisons sociales. Ce retour à une consommation de proximité permet de redécouvrir les saveurs locales et d'apprécier la richesse du sol suisse. Je proviens d'une région que l'on appelait anciennement la Californie de la Suisse.

5.[NB]Pour des raisons politiques. A nouveau, il s'agit de trouver le bon équilibre entre santé et économie, sans un interventionnisme d'Etat démesuré ni un renvoi pur et simple à la responsabilité individuelle.

En conclusion, je l'ai bien entendu, la Stratégie suisse de nutrition 2017-2024 semble suffire au Conseil fédéral. Je vous donne un seul exemple pour vous montrer que ce n'est pas le cas: qui dans cette salle a déjà entendu parler du programme "5 par jour" - "5 am Tag" - soit cinq portions de fruits et légumes par jour? Il est au coeur de cette stratégie, mais personne n'en a entendu parler, en tout cas, il n'est que très peu connu dans la population. La preuve par les chiffres: un quart des Suisses mangent au maximum deux portions, un autre quart au maximum une portion. Et c'est encore plus marqué chez les jeunes. Nous sommes donc actuellement dans un constat d'échec. On ne peut pas dire que cette stratégie suffise.

Enfin, il s'agit là aussi de mettre en valeur des projets, comme par exemple l'installation de distributeurs dans les écoles - ce qui s'est fait en Valais grâce à des subventions de la[NB]Confédération, des cantons, d'une banque et de la Loterie romande -, ou de stands de dégustation montés par des agriculteurs locaux à Genève près des restaurants, pour promouvoir leur label. Une campagne de promotion menée en collaboration avec la grande distribution devrait aussi être envisageable.

Comme vous le voyez, les idées et les projets ne manquent pas. Mais si nous ne donnons pas un signal fort au Conseil fédéral en adoptant mes deux motions, ciblées sur ces produits - fruits, légumes, eau et jus de fruits -, nous aurons dans le futur une société peut-être pas aussi saine, au niveau de ses habitudes de consommation, qu'elle ne l'est aujourd'hui.