Page Pierre-André · Nationalrat · 2021-05-31
Page Pierre-André · Nationalrat · Freiburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2021-05-31
Wortprotokoll
La tragique situation sanitaire que nous traversons présentement avec la pandémie de Covid-19 donne une actualité toute particulière à ma motion.
Nous nous devons de prendre aujourd'hui des mesures financières afin de soutenir, demain, le développement de nouveaux antibiotiques. Pourquoi? Pour trois raisons que je vais vous présenter maintenant.
La première est d'ordre médical. Dans notre pays, quelque 300 personnes décèdent chaque année des suites d'une infection qu'aucun antibiotique n'est à même de combattre. La dernière découverte d'une classe d'antibiotiques remonte à trente ans, et le rythme des découvertes d'antibiotiques est plutôt une lente marche. Dans les cinq années précédant 2010, seuls trois antibiotiques ont été découverts et aucun nouvel antibiotique innovant n'a été mis sur le marché entre 2010 et 2016. En comparaison avec d'autres domaines de la médecine ou de la chirurgie, ou les technologies de la communication, par exemple, vous en conviendrez volontiers avec moi, c'est plutôt lent!
La deuxième raison est d'ordre financier. Certes, la politique fiscale de la Confédération et de nos cantons prévoit quelques appuis. C'est ainsi que le Conseil fédéral reprend dans sa réponse à ma motion les mêmes arguments que ceux qu'il avait déjà développés dans sa réponse à mon interpellation sans y avoir ajouté d'éléments nouveaux - un copier-coller qui ne me satisfait pas du tout.
Bien sûr, la loi fédérale relative à la réforme fiscale et au financement de l'AVS, que nous connaissons tous sous les quatre lettres de RFFA, et notamment sa "patent box", ainsi que les travaux actuels du gouvernement pour offrir aux start-up un traitement fiscal concurrentiel, sont des mesures de soutien. Mais, à mes yeux, elles ne sont pas suffisantes et, surtout, pas ciblées sur la recherche de nouveaux antibiotiques.
La troisième raison du dépôt de cette motion est d'ordre politique. Nous le constatons, l'industrie pharmaceutique peine à mettre sur le marché de nouveaux antibiotiques pourtant essentiels à la santé de la population. J'entends déjà quelques voix me reprocher: "Alors vous aidez encore une industrie aux poches pleines, aux actionnaires gâtés et aux dirigeants millionnaires." Mais bien sûr que non! Il s'agit aussi de regarder le problème différemment. L'actualité de notre lutte contre la pandémie du Covid-19 nous le rappelle cruellement: nous devons tout entreprendre afin de pouvoir disposer dans notre pays, avec nos entreprises implantées ici, de pareils laboratoires et industries capables d'innover et de produire ce dont nous avons besoin.
Pour reprendre le slogan "Consommer local" de notre agriculture, je vous dis: "En matière de nouveaux antibiotiques, recherchons et développons local." Cette problématique concerne aussi la santé animale. Même si nous diminuons massivement le recours aux antibiotiques dans la santé animale, il est indispensable de trouver de nouveaux médicaments dans ce secteur également si nous voulons être prêts pour soigner d'éventuelles nouvelles maladies.
Voilà pourquoi je vous encourage vivement à soutenir ma motion.