Juillard Charles · Ständerat · 2021-06-09
Juillard Charles · Ständerat · Jura · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP. · 2021-06-09
Wortprotokoll
Je ne voudrais pas allonger ce débat d'entrée en matière. J'ai aussi participé au voyage que nous avons accompli en Grèce. Il est vrai que ce voyage a été instructif à plus d'un titre. Je crois que tout ce qui a été dit sur l'utilité de Frontex est la réalité. Frontex, c'est notre frontière avancée; c'est notre première ligne de sécurité au-delà de notre propre frontière, si l'on fait abstraction pour notre pays de nos aéroports internationaux qui sont aussi des frontières de Frontex.
Je confirme aussi les témoignages entendus dans ce débat, à savoir que la Grèce et les employés de Frontex font ce qu'ils peuvent pour gérer des situations extrêmement compliquées, quand bien même nous sommes allés faire ce voyage à un moment où la situation géostratégique était plus calme, où il y avait peu d'arrivées, peu de va-et-vient. On n'ose imaginer ce qu'aurait pu représenter le camp que nous avons visité si nous y étions allés à l'époque de la forte arrivée de migrants à la frontière turque. Donc, pour moi, c'est vraiment un problème. Ce qui est absolument vrai, c'est que l'Union européenne, l'espace Schengen, n'a pas de vraie politique migratoire commune et laisse se débrouiller les pays qui doivent faire face à des arrivées massives de migrants. Nous devons aussi tenir compte de ce fait.
Je suis favorable au renforcement des moyens mis à la disposition de Frontex, mais je suis aussi sensible à l'aspect humanitaire. Ce que nous avons vu, ce mélange décrit par notre collègue Jositsch, entre les légaux, les illégaux, les enfants, les familles, voire peut-être encore certains criminels dont on ne connaît pas exactement le pedigree - parce que nous n'avons pas eu l'occasion de discuter avec tout le monde -, fait que nous avons le devoir moral de faire un effort.
Dans la discussion par article, nous parlerons du nombre: quel effort peut-on demander à la Suisse? J'aimerais juste vous rendre attentifs au fait que la Suisse ne pourra pas régler toute seule toute la problématique de la politique migratoire de l'Union européenne, il faut en être bien conscient.
De plus, nous devons tenir compte de l'avis des cantons, parce que ce sont eux qui doivent ensuite s'occuper des migrants qui arrivent. Je crois que, là, il faut aussi comprendre que les cantons ne sont pas prêts, en tout cas dans un espace de temps relativement court, à accepter un trop grand nombre de migrants. Je crois donc qu'il faut entrer en matière.
Nous devons aussi discuter des différentes propositions qui ont été formulées. Je crois que la majorité de la commission, sur la question du nombre de requérants d'asile, ou plutôt de migrants, que nous pouvons accueillir, vous propose une solution acceptable pour notre pays. Il en va de même des autres propositions qui vous sont faites, à savoir que l'on ne doit pas mettre en péril notre frontière directe, quand bien même plus nous serons forts à la frontière extérieure, moins nous aurons à régler de problèmes à notre propre frontière.
Je vous invite donc à entrer en matière et à soutenir, sur ce point particulier, la proposition de la majorité de la commission.