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Fridez Pierre-Alain · Nationalrat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2021-06-16

Wortprotokoll

Je profite du fait que j'ai la parole pour revenir sur le point que nous venons de traiter. Je suis en fait président de la Coraasp, qui est une faîtière des institutions psychiatriques de Suisse romande. Nous collaborons avec Pro Mente Sana, avec Promotion Santé Suisse. Je voudrais dire à quel point la décision qui vient d'être prise sur le postulat 21.3457 est cohérente avec ce qui se passe sur le terrain, où on observe une grande souffrance psychique chez les jeunes.

Au sujet de ma motion "Assurer l'accès à un dépistage médical minimum pour tous", je fais quelques remarques préliminaires. En moyenne, chaque adulte doit s'acquitter d'une somme d'environ 5000 francs par an avant que sa caisse-maladie paye le premier franc pour lui. Ensuite, notre système de prélèvement par tête est profondément inégalitaire, injuste, la charge demandée à chacun et à chacune étant très variable selon sa situation personnelle; même si les bas revenus reçoivent un aide, fort heureusement!

Ensuite, il est notoire, selon différentes études, qu'environ 20 pour cent des gens en Suisse renoncent à des soins pour des raisons financières. Pour réduire leurs charges, certaines personnes font le choix d'une franchise élevée et limitent de fait leur contribution solidaire avec les autres. D'autres personnes, au contraire, surtout parce qu'elles seraient dans l'incapacité de faire face à un coup dur - une opération, une[NB]hospitalisation, avec à la suite une grosse somme à payer -, payent l'entier de ce qu'elles doivent avec des franchises[NB]basses. Ces personnes sont solidaires à cent pour cent avec le système, mais elles sont tellement à la limite financièrement qu'elles doivent renoncer à consulter.

C'est cette catégorie particulière de personnes que vise ma motion. De tels cas existent, j'en vois régulièrement lors de mes consultations. J'ai ciblé des gens de plus de quarante ans qui peuvent avoir des problèmes de santé; des gens qui ont une franchise basse, c'est-à-dire qu'ils n'essaient pas de profiter du système en prenant des franchises élevées; des gens qui n'ont pas utilisé l'argent de la caisse-maladie durant deux années de suite, ce qui veut dire que ces personnes auront payé théoriquement 10[NB]000 francs sans que la caisse-maladie n'ait rien donné pour elles, donc sans contrepartie. Il est clair que le principe de la solidarité veut cela, mais ces personnes ont beaucoup donné et n'ont rien reçu. Et il existe un risque potentiel chez les gens qui ne consultent pas de passer à côté d'un début de maladie, laquelle pourrait être traitée plus efficacement si elle était diagnostiquée rapidement, avec à la clé des coûts peut-être moins importants par la suite.

J'aimerais souligner l'importance, du point de vue d'un généraliste, des contrôles réguliers à partir d'un certain âge, par exemple eu égard au permis de conduire. Il existe en effet des gens de cet âge-là qui ne consultent pas. Or, une consultation peut être l'occasion de trouver une boule à la gorge, une hypertension ou un problème de ce type permettant d'induire un traitement. Le Parlement reconnaît quant à lui l'utilité de ce type de dépistage, preuve en est qu'année après année - mais pas cette année sauf erreur -, on proposait aux parlementaires d'aller faire un petit check-up pour voir s'ils avaient du diabète, du cholestérol ou une hypertension. C'est la preuve qu'on reconnaît le fait que c'est [PAGE 1409] important. Le Conseil fédéral reconnaît lui aussi l'importance d'un dépistage et de la promotion de la santé.

Avec un tel concept, je propose qu'une personne ayant une franchise basse - ce qui montre qu'elle n'a pas voulu profiter du système -, et n'ayant rien coûté à sa caisse-maladie durant deux ans, puisse bénéficier d'un petit check-up banal qui concernerait le contrôle de la tension, du diabète et de quelques facteurs de ce type. Les coûts seraient minimes.

Il s'agit d'un examen clinique pour ne pas passer à côté d'un ganglion ou d'une pathologie de ce type. C'est simplement de la prévention de base, parce que ces personnes n'ont pas la possibilité de payer et font le choix de renoncer à des soins pour des raisons financières.

Je vous remercie par avance d'être bienveillants à l'égard de cette motion.

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