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Thorens Goumaz Adèle · Ständerat · 2021-09-21

Thorens Goumaz Adèle · Ständerat · Waadt · Grüne Fraktion · 2021-09-21

Wortprotokoll

Effectivement, il n'y a pas de minorité, il n'y aura donc pas de vote. Nous étions seulement deux à soutenir cet objet en commission. C'est pour cette raison, en suivant les usages de cette chambre, que je n'ai pas déposé de minorité. J'aimerais cependant dire quelques mots sur cet objet. Il me paraît important d'évoquer les arguments positifs envers cette proposition de nos amis jurassiens.

Nous avons un problème de financement des politiques climatiques suite au refus de la loi sur le CO2. Cela a été dit par le rapporteur, nous avons jusqu'à présent cherché à financer la politique climatique en appliquant le principe du pollueur-payeur. C'est, à mon avis, une démarche qui est parfaitement justifiée. D'ailleurs, ce principe figure dans notre Constitution, et j'y suis aussi, à titre personnel, très attachée. Malheureusement, c'est à ce principe du pollueur-payeur que la population suisse, en tout cas une majorité d'entre elle, a dit non le 13 juin dernier.

Nous sommes donc aujourd'hui face à une situation extrêmement difficile, parce que, alors que nous avons besoin de financer la politique climatique, le peuple a dit non à l'application du principe du pollueur-payeur qui nous aurait fourni, selon le projet que nous avions soumis au peuple, des moyens financiers. Nous avons besoin de financement pour mettre en place une infrastructure de recharge pour les véhicules électriques. Nous avons besoin de financement pour soutenir le développement d'une offre attractive en matière de trains de nuit et de trains rapides. Nous avons besoin de financement pour développer des carburants plus propres pour l'aviation pour les long-courriers, parce qu'on ne peut pas aller en train de nuit partout. Nous avons besoin de financement pour soutenir les particuliers qui doivent changer de système de chauffage. Nous avons besoin de financement pour soutenir des mesures d'adaptation, en particulier dans les régions de montagne qui sont durement touchées par les glissements de terrain ou les inondations, mais aussi dans les villes, qui sont touchées par les canicules. Ce besoin d'argent, il reste.

Le Conseil fédéral a maintenant fait des propositions en matière de poursuite de la politique climatique, mais il n'a, à aucun moment, dit comment il allait financer ses propositions. Je siège également à la Commission des finances. A ce titre, je suis bien placée pour savoir qu'il n'est pas facile de débattre du financement de ces mesures dans le cadre du budget. Nous avons en outre une situation qui est difficile, aujourd'hui, en raison des dépenses importantes que nous avons dû effectuer en lien avec la crise du Covid-19 et ses conséquences économiques.

Dès lors, je trouve que cette initiative du canton du Jura offre une piste de réflexion intéressante, puisqu'elle aurait permis de nous soulager de discussions difficiles dans le cadre de l'examen du budget pour financer la politique climatique et qu'elle aurait justement - je vois cela comme un avantage - établi un lien clair pour obtenir un financement dans le but d'assurer la poursuite d'une politique climatique dont nous avons besoin aujourd'hui plus que jamais.

Je regrette que cette proposition n'ait pas obtenu plus de soutien au sein de la commission. Si cela avait été le cas, j'aurais sollicité un vote de votre part. Mais face au résultat très clair en commission, j'ai renoncé à déposer une minorité. Je voulais tout de même vous faire part de ces arguments, également à l'intention de nos amis jurassiens qui ont formulé cette proposition.