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Français Olivier · Ständerat · 2021-09-28

Français Olivier · Ständerat · Waadt · FDP-Liberale Fraktion · 2021-09-28

Wortprotokoll

Je serai un peu moins enthousiaste que mon collègue, qui vient de prendre la parole. Je déclare mes intérêts: je faisais partie des initiants à l'initiative populaire qui visait une modification constitutionnelle. J'étais donc très favorable à une évolution de la loi prévoyant tout simplement que les cantons et les communes assument leurs responsabilités en matière de mobilité douce. Ce qui me chagrine dans ce projet, c'est qu'en son temps j'ai fait des promesses dans cette campagne. Une des promesses était que les coûts soient raisonnables et que l'on fasse des projets dans la mesure du réalisable. Pourquoi ai-je fait cette promesse? Parce que lorsque j'étais magistrat à la ville de Lausanne, j'ai fait passer il y a près de 20 ans un financement, au [PAGE 990] tout début des projets d'agglomération, s'élevant à 11 millions de francs. En 2021, la ville de Lausanne n'a pas dépensé plus de 20 à 30 pour cent de ce montant pour les projets déposés, alors même que nous en avions l'autorisation.

C'est pourquoi au fameux article 6 lettre a, qui est si cher à Mme Maret, la minorité Dittli que nous avons déposée ne demande qu'une seule chose, c'est que les objectifs soient atteints pour autant que ce soit possible. Et autant que possible, cela peut signifier en tenant compte de la topographie, car les contraintes topographiques entraînent des conséquences financières. Cela peut purement signifier prendre en compte des critères géométriques, dans une route qui est malheureusement limitée du point de vue de l'espace. En cela, la minorité Dittli portant sur l'article 6 lettre a est importante: pour autant que possible, les autorités cantonales ou communales doivent réaliser l'objectif tel que décrit dans la loi.

C'est une question de raison. On peut avoir de la passion, et les 46 élus ici, nous sommes tous passionnés. Nous avons tous nos credos visant à défendre tel ou tel objectif. Je peux comprendre l'objectif - et je le partage - de développer fortement le réseau de voies cyclables. Comme vient de le dire M. Rechsteiner, nous avons un retard relativement important en Europe en matière de pistes et voies cyclables. La sécurité des usagers en dépend aussi, cela est fondamental. Mais, néanmoins, cela doit se faire selon le principe du "pour autant que possible".

Nous, ici, sommes à la Confédération: c'est facile, nous ordonnons. Mais qui paie? Ce sont les cantons et les communes. Ou alors, Madame la conseillère fédérale, en complément aux mesures consacrées aux agglomérations - et je dis bien en complément - la Confédération est-elle prête à mettre les millions de francs supplémentaires qu'il faudrait? Mme Maret a parlé des vallées. Or, les vallées ne sont pas comprises dans les projets d'agglomération. Joindre Troistorrents à Val-d'Illiez par une piste cyclable, comme cela a été évoqué en commission, cela est difficile. Ou alors on creuse dans la montagne et on réalise des tunnels - et au passage, vous me donnez le mandat, de manière à ce que je m'occupe du tunnel. Soyons raisonnables! C'est en cela que j'ai une certaine opposition à ce projet. Cela me chagrine, je ne vous le cache pas, mais je pense qu'il faut revenir à la raison. Notre chambre est une chambre de réflexion. Je vous invite à réfléchir aux moyens financiers qui seront à charge des cantons et des communes. Nous aurons fait de beaux plans et de belles promesses. Nous pourrons exister politiquement, mais les projets ne se réaliseront pas. Je vous recommande donc d'être très attentifs, en particulier à cet article 6 lettre a.