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Matter Michel · Nationalrat · 2021-09-29

Matter Michel · Nationalrat · Genf · Grünliberale Fraktion · 2021-09-29

Wortprotokoll

Souvent, en politique, on dit: "Es ist Zeit" - il est temps. Sans doute cette maxime n'a jamais été aussi vraie qu'aujourd'hui, tant les soignantes et les soignants souffrent, sont en souffrance, accusent une fatigue importante et ont un questionnement qui augmente chaque jour par rapport à leur profession, par rapport à leur engagement qui est sans faille, comme bien sûr pour toute profession qui est soumise depuis des mois à une souffrance de tous les jours.

Le sens du métier est en train d'évoluer. Comme je l'ai dit, il y a un questionnement. Le turn-over est important, et il est aujourd'hui difficile de trouver de la relève. Je dis bien: il est difficile de trouver de la relève, et cela dans beaucoup de professions, mais particulièrement dans le domaine des soins, tant la fatigue est importante. Ce qu'il faut souligner, et c'est nouveau dans nos centres médicaux universitaires, c'est l'absentéisme. Comment comprendre qu'en quelques mois l'absentéisme ait doublé? J'ai bien dit "doublé"! Que ce soit au CHUV ou à Genève, nous avons des taux de 15, 16, 18 pour cent d'absentéisme dans certains services. Ce n'est pas une fuite; il n'est que question de fatigue, de perte de sens du métier.

La population va, dans quelques semaines, devoir se prononcer sur une initiative, l'initiative "pour des soins infirmiers [PAGE 1977] forts", qui demande des choses qui sont évidentes. Elle porte sur la question de la formation, sur la question de la rémunération, et sur la nécessité de pouvoir enfin entrer dans l'interprofessionnalité. Dans tous les schémas en lien avec la santé en Suisse, ce qui est probablement le plus mis en avant dans tous les plans sur la santé, c'est l'interprofessionnalité, c'est-à-dire le fait que chaque profession puisse être égale aux autres dans les soins qui sont apportés, et c'est ce respect qu'il faudra apporter aux soignantes et aux soignants, aux infirmières et aux infirmiers.

Ce n'est pas qu'une question de salaire, ce n'est pas qu'une question de conditions de travail, ce n'est pas qu'une question de ce qui se passe à l'intérieur de l'hôpital. C'est réellement, comme cela a été dit par les orateurs précédents, une question de société. Cette société qui peine, en Suisse, à se faire vacciner. Nous avons des taux de vaccination qui sont inférieurs à ceux de nos voisins, alors même que l'accès à la vaccination est simple, gratuit, facilité, et malgré tous les discours politiques que l'on puisse entendre.

Enfin, il faudra bien se tourner vers ce que l'on appelle un hôpital résiliant, c'est-à-dire un hôpital qui puisse avoir de la flexibilité en temps de crise, qui puisse être capable d'augmenter ses capacités. Pour cela, il faudra clairement avoir des soignantes et des soignants qui soient là, qui aient un véritable sens du métier, que l'on soutienne. Tous les applaudissements qu'il y a eus pendant des semaines et des semaines se sont tus. C'est ce silence qui tue en quelque sorte cette profession. Nous nous engageons clairement en faveur de l'initiative sur les soins infirmiers.