de Quattro Jacqueline · Nationalrat · 2022-03-02
de Quattro Jacqueline · Nationalrat · Waadt · FDP-Liberale Fraktion · 2022-03-02
Wortprotokoll
Chaque jour, nous constatons notre fragilité face au dérèglement climatique dont les conséquences se multiplient et s'intensifient. La fonte des glaciers, mais aussi les crues, les éboulements, les vagues de chaleur sont une réalité, une réalité qui attend des actes. Le dernier rapport du Giec publié lundi l'a encore clairement démontré: nous devons aller de l'avant dans le domaine de la protection du climat et de l'adaptation au changement climatique. Chez nous, en Suisse, également. Ainsi, je souscris pleinement aux objectifs de l'initiative pour les glaciers. Si nous voulons atteindre la neutralité carbone d'ici 2050 et respecter nos engagements internationaux pris dans le cadre de l'Accord de Paris sur le climat, nous devons nous en donner les moyens. [PAGE 123]
En tant qu'ancienne ministre de l'environnement du canton de Vaud, fonction que j'ai occupée pendant treize ans, je suis convaincue que nous devons et pouvons apporter une réponse publique aux défis climatiques. Mais, pour atteindre ces objectifs dans le délai escompté, il nous faut un consensus politique. C'est la raison pour laquelle je soutiendrai le contre-projet direct du Conseil fédéral, car son adoption par les deux chambres permettra une prolongation du délai pour l'élaboration d'un contre-projet indirect susceptible de réunir une majorité. Ce processus d'élaboration est en cours, mais il prend du temps. Le texte du contre-projet indirect tel qu'il ressort actuellement des discussions au sein de notre commission reprend dans les grandes lignes le contre-projet direct du Conseil fédéral, à savoir ramener à zéro les émissions nettes de gaz à effet de serre de la Suisse d'ici 2050. Le texte prévoit aussi une pesée des intérêts s'agissant de la réduction des émissions de CO2 provenant des combustibles. Il plaide pour une diminution qui soit techniquement réalisable, économiquement supportable et compatible avec la sécurité de notre pays et la protection de sa population.
La situation particulière des régions de montagne et périphériques est aussi prise en compte. Le contre-projet indirect a surtout l'immense avantage de passer par une modification de la loi plutôt que d'inscrire le texte dans la Constitution. Je vous recommande donc d'entrer en matière et de soutenir le contre-projet direct du Conseil fédéral afin de donner une chance au contre-projet indirect. Rejeter l'initiative et le contre-projet du Conseil fédéral n'est pas une bonne stratégie. Le statu quo n'est pas une option. Il faut un engagement fort qui se traduit par des décisions fermes.
Lors de la discussion par article, je soutiendrai l'amendement Romano qui prévoit: "En fonction des potentiels et des situations de départ des différents secteurs économiques et de la population, elle arrête des objectifs intermédiaires qui conduisent à une réduction régulière des émissions de gaz à effet de serre au fil du temps et règle les instruments nécessaires à la réalisation des objectifs intermédiaires". Cet amendement constitue un pas en direction de l'initiative. J'espère que ce geste satisfera les initiants et nous permettra de nous mettre tous d'accord dans un délai raisonnable.