Cassis Ignazio · Bundesrat · 2022-03-10
Cassis Ignazio · Bundesrat · Tessin · 2022-03-10
Wortprotokoll
Dans trois mois, le 9 juin, aura lieu à New York l'élection pour le Conseil de sécurité. Depuis 2011, depuis onze ans, la Suisse est candidate à l'un de ces sièges. Le Parlement a été étroitement impliqué depuis le début de ce parcours, depuis 2007. Cela fait donc bientôt quinze ans que la Suisse, votre Parlement, le Conseil fédéral et la population discutent de cette candidature au Conseil de sécurité.
Le Parlement s'est déjà prononcé à trois reprises sur la question du retrait de la candidature. La dernière fois, vous vous en rappelez, c'était il y a deux ans, dans cette même salle, au cours de la présente législature. Après plus de onze ans de préparatifs, je salue la possibilité qui m'est offerte de résumer en quelques minutes l'importance et le sérieux de notre candidature. En ce jour particulièrement sombre pour notre continent, j'aimerais être très clair: le Conseil fédéral continue à soutenir pleinement la candidature au Conseil de sécurité.
Un engagement en faveur de la paix, un engagement en faveur de la sécurité, est aujourd'hui, et vous l'apprenez chaque jour, plus nécessaire que jamais. La participation de la Suisse au Conseil de sécurité de l'ONU est dans l'intérêt de la Suisse, et j'oserai même dire dans l'intérêt du monde, car en tant qu'Etat neutre à l'écoute des minorités et voué à la recherche des compromis comme nous le sommes, nous avons beaucoup de compétences à mettre à disposition de la communauté internationale.
C'est aussi une étape logique après vingt ans d'appartenance aux Nations Unies. Mesdames et Messieurs, cette année, ce sont les vingt ans de l'entrée de la Suisse aux Nations Unies. La décision a été prise par le peuple, un peuple qui a évidemment biffé tout ce que le Conseil fédéral avait dit auparavant, puisqu'il a pris une décision qui est devenue la décision du souverain. Cette décision du souverain n'a jamais exclu la Suisse de quelque organe de l'Organisation des Nations Unies que ce soit, ni du Conseil de sécurité.
La situation actuelle en Ukraine montre ce que cela signifie de vivre lorsque la guerre frappe aux portes de l'Europe, lorsque la paix est remise en question. La sécurité de notre continent est touchée. L'économie est également affectée; le prix de l'énergie augmente, vous le lisez tous les jours dans les journaux.
En tant qu'Etat ouvert, avec une économie de marché axée sur les échanges internationaux, la Suisse vise un ordre international fondé sur la paix, sur la sécurité, sur la stabilité. Il va de soi que la Suisse ne peut pas résoudre seule des problèmes mondiaux complexes, c'est pourquoi il est important que nous nous engagions dans des enceintes multilatérales, là où cela compte, et c'est exactement ce que nous faisons depuis bien longtemps.
J'aimerais aborder maintenant quelques questions récurrentes que M. le conseiller national Köppel a aussi mentionnées dans son discours. Elles figurent dans la motion que nous traitons. Quid de notre neutralité? Quel est le rôle des sanctions? Quel est le rôle des bons offices?
Vous et moi le savons, la neutralité est ancrée dans notre Constitution, comme cela a été correctement rappelé. Elle est ancrée comme un élément clé de notre politique extérieure et de notre politique de sécurité. La neutralité fait partie de notre ADN, de notre génétique; la neutralité est un instrument destiné à la poursuite de nos intérêts.
Aussi à l'ONU, et parmi ses Etats membres, ce statut de la Suisse est respecté. Le fait d'être un Etat neutre, indépendant et fiable est un atout pour nous au Conseil de sécurité, pour nous à l'ONU, surtout en période de tensions internationales, comme celle que nous sommes en train de vivre.
Etre neutre ne nous empêche pas de défendre les valeurs qui sont également ancrées dans notre Constitution. Etre neutre ne nous empêche pas de faire valoir nos valeurs.
La Suisse n'est pas indifférente face aux événements tragiques. Je crois qu'on n'aurait pas pu imaginer ce débat urgent que nous tenons aujourd'hui dans une époque plus difficile que celle qu'on est en train de vivre. Notre tradition humanitaire nous pousse à nous engager en faveur des populations touchées par les catastrophes, qu'elles soient d'origine naturelle ou humaine, comme celle que nous vivons. L'actualité récente, la guerre en Ukraine, le démontre.
La Suisse a pris la parole de manière répétée ces dernières semaines devant l'Assemblée générale des Nations Unies, [PAGE 322] devant le Conseil des droits de l'homme à Genève, ainsi qu'au Conseil permanent de l'OSCE à Vienne, pour condamner fermement les violations manifestes du droit international.
La Suisse a aussi soutenu une résolution de l'Assemblée générale demandant le retrait des troupes russes. Elle en aurait fait de même au Conseil de sécurité si elle en avait été membre.
Das Beispiel Ukraine zeigt also, dass die Schweiz bereits heute auf der internationalen Ebene zu brennenden Fragen der Aussenpolitik Stellung beziehen muss und Stellung bezieht, ob sie nun im Sicherheitsrat ist oder nicht. Es gibt viele weitere Beispiele. So haben wir seit 2014 wiederholt den Einsatz von Chemiewaffen in Syrien verurteilt. Wir haben uns dafür eingesetzt, dass der Sicherheitsrat den blutigen Krieg in Syrien dem Internationalen Strafgerichtshof überweist. Ebenso setzen wir uns dafür ein, dass der Internationale Strafgerichtshof den Krieg in der Ukraine untersucht. Und wir sind neutral. Wenn wir im Sicherheitsrat dabei sind, haben wir zusätzliche Handlungs- und[NB]Einflussmöglichkeiten für unsere Anliegen. Der Wertekompass, der Referenzrahmen für unsere Positionierung ist gegeben durch unsere Verfassung. Er ist gegeben und bleibt mit dem Beitritt derselbe: das Völkerrecht, unsere Rechtsordnung, die aussenpolitische Strategie, die Sie in beiden Kammern diskutiert haben.
Ein Punkt, der mir ebenfalls sehr wichtig ist: Der Sicherheitsrat ist keine Konfliktpartei. Er entscheidet auch nicht, Herr Nationalrat Köppel, über Frieden und Krieg. Sein Mandat ist in der UNO-Charta verankert. Er soll im Namen aller Mitgliedstaaten für Frieden und Sicherheit - nicht "für Frieden und Krieg" - sorgen.
Friedensbrecher sollen zu einer Verhaltensänderung bewogen oder zur Rechenschaft gezogen werden. Der Rat hat dazu eine Vielzahl abgestufter Instrumente. Sanktionen kommen erst dann zum Zug, wenn andere Instrumente versagt haben. Die Schweiz ist sich der potenziellen negativen Folgen von Sanktionen durchaus bewusst. Seit langer Zeit setzen wir uns deshalb dafür ein, dass sie möglichst gezielt gegen die Verantwortlichen eingesetzt werden. Es sind sogenannte "smart sanctions". Mit Sanktionen wollen wir nicht die Bevölkerung bestrafen. Wir haben schon einiges erreicht, etwa die Schaffung einer Ombudsstelle für Personen, die sich als Terrorverdächtige auf UNO-Sanktionslisten befinden. Das ist auch ein Verdienst eines neutralen Staats.
Wenn wir selber im Rat sind, können wir versuchen, weitere Verbesserungen zu erzielen. Zudem können wir als Sicherheitsratsmitglied dazu beitragen, dass die Expertise der Genfer Institutionen in New York einfliesst, und wir können die Schweiz als Standort für UNO-geleitete Friedensgespräche noch unmittelbarer als bisher ins Spiel bringen. Die Erfahrung zeigt, dass dies möglich ist. Denken Sie an Schweden. Schweden war 2018 als nicht permanentes Mitglied im[NB]Sicherheitsrat und hat aus dieser Position als neutraler Staat den Jemen-Friedensprozess nach Stockholm geholt. Deutschland hat den Libyen-Friedensprozess von der Schweiz nach Berlin geholt, weil es in dem Moment gerade im[NB]Sicherheitsrat war.
Damit komme ich zum Schluss: Ja, die Schweiz soll im UNO-Sicherheitsrat Einsitz nehmen. Davon ist der Bundesrat überzeugt. Das Weltgeschehen und die Fragen, die der[NB]Sicherheitsrat behandelt, betreffen uns direkt. Es ist also besser, wenn wir mitreden und aktiv etwas beitragen, selbstverständlich mit Bescheidenheit, mit Selbstbewusstsein, mit Respekt vor denjenigen, die nicht überzeugt sind. Ein französisches Sprichwort sagt es klar: "Les absents ont toujours tort." Man muss am Tisch sitzen, um mitzugestalten. Ein Sitz im[NB]Sicherheitsrat erlaubt genau das. Er verbessert den Zugang zu wichtigen Regierungen und verschafft unserer Aussen- und Sicherheitspolitik mehr Gehör.
Der Bundesrat ist sich bewusst, dass die Mitgliedschaft im Sicherheitsrat keine leichte Aufgabe sein wird. Wir haben die internen Prozesse einschliesslich des Einbezugs des Parlamentes entsprechend aufgegleist. In den letzten zwei Jahren haben wir in den Aussenpolitischen Kommissionen nicht mehr über das "Ob", sondern über das "Wie genau" diskutiert. Wir können uns auf unsere mittlerweile zwanzig Jahre Erfahrung als UNO-Mitglied sowie auf unsere grosse Expertise in der Friedensförderung stützen. Unser Ziel ist es, ein glaubwürdiges Mitglied zu sein, im Einklang mit unseren Werten und unserer humanitären Tradition. Wir wollen aktiv zum Erhalt einer Welt beitragen, in der Regeln befolgt werden und das Recht mehr gilt als die Macht.
Aus diesem Grund empfehle ich Ihnen die Ablehnung dieser Motion.