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Porchet Léonore · Nationalrat · 2022-05-11

Porchet Léonore · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2022-05-11

Wortprotokoll

Nous arrivons enfin au bout du tunnel. Les restrictions Covid sont levées et la population suisse retrouve la normalité. Evidemment, nous disons cela sans savoir ce qu'il va se passer cet automne. Retrouver la normalité, c'est logiquement l'ambition à avoir pour le personnel des hôpitaux et du système hospitalier, mais cela ne suffit pas, parce que la normalité, pour ces personnes, c'était la situation avant la pandémie. On chiffrait alors une pénurie de 14 500 personnes pour le personnel soignant, selon l'Observatoire suisse de la santé. Avant la pandémie, on savait également que 40 pour cent du personnel soignant quittait précocement la profession. A cette situation insatisfaisante s'est invité le Covid. La situation exceptionnelle a demandé des mesures exceptionnelles qui ont encore péjoré la situation du personnel soignant: suppression de certains temps de repos, modification de règles fondamentales régissant les conditions de travail permettant des semaines de travail de 60 heures, un risque augmenté pour le personnel de la santé de contamination et de transmission du virus, responsabilités et stress pesant lourdement sur la santé mentale.

L'avis du Conseil fédéral à ma motion a été donné en août 2020. Il se fondait en grande partie sur le contre-projet à l'initiative populaire "pour des soins infirmiers forts". Entretemps, la population a jugé ce contre-projet trop faible et a massivement demandé un bond dans le soutien au personnel infirmier en soutenant l'initiative sur les soins infirmiers forts. Je partage cette insatisfaction et vous propose aujourd'hui, dans l'optique de préparer rapidement la mise en oeuvre de cette initiative, de penser à l'avenir de la profession, afin de récompenser dignement le sacrifice important des professionnels de la santé et le travail qu'ils ont déjà accompli. [PAGE 756]

Le Conseil fédéral explique aussi qu'il est difficile pour l'Etat d'intervenir dans une branche privée. La santé de la population n'est pourtant en aucun cas comparable à la branche de la menuiserie, par exemple. Et la population a montré avec son soutien important à l'initiative sur les soins infirmiers qu'elle voulait une implication étatique dans le domaine de la santé et notamment au niveau de la rémunération du personnel de la santé.

Et puis des exemples existent, mon canton, le canton de Vaud, a offert une prime de 900 francs aux soignantes et aux soignants des établissements publics comme privés, s'ils avaient travaillé lors de la crise du Covid-19.

Il est fondamental de rappeler que nos décisions de parlementaires et les décisions du Conseil fédéral, qui ont permis par exemple d'effectuer un travail de 60 heures par semaine sans repos, n'avaient pas pour but de répondre à la liberté de marché ou à une demande du secteur privé; c'était un besoin public. Le risque ainsi pris, qui a conduit à l'épuisement du personnel soignant, c'est nous qui l'avons imposé; c'est notre responsabilité de le valoriser aujourd'hui et de le récompenser.

Les mécanismes usuels tels que le rattrapage d'horaire ne conviennent pas. Il ne s'agit pas d'heures supplémentaires effectuées pour absorber un surplus de travail, il y a une maladie nouvelle et pas assez de personnel pour effectuer le travail supplémentaire vu les nouvelles places de soins qui ont dû être créées. Et tout travail mérite salaire, ou au moins repos.

J'aimerais aussi rappeler que la fatigue se voit. A fin 2021, jusqu'à 15 pour cent d'absentéisme étaient par exemple constatés en Valais dans certains hôpitaux. Et la solution n'est pas de faire travailler plus le personnel restant.

Le Conseil fédéral répondra probablement que c'est la mise en oeuvre de l'initiative sur les soins infirmiers qui pourra donner une réponse à ma demande. Mais j'aimerais rappeler que cette mise en oeuvre s'annonce longue, trop longue, notamment en ce qui concerne deux points de ma demande: les conditions de travail et la question salariale.

Par ma motion, je propose donc de soulager rapidement, avec une intervention exceptionnelle, le personnel de la santé. Cela permettra également de garantir le maintien de ces professionnels dans la profession, notamment en vue des prochaines crises qui pourraient encore arriver; je pense au Covid, je pense éventuellement à d'autres virus.

En conclusion, je propose un exercice de reconnaissance qui consiste à montrer une considération à celles et ceux qui ont sauvé des vies lors de la crise du Covid-19, mais également qui ont sacrifié une partie de leur vie privée.

C'est la raison pour laquelle je vous invite à soutenir ma motion.

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